Ivica Dragutinovic n'aura pas dû faire un trop long voyage pour rejoindre son équipe nationale. «Ilija Petkovic, notre sélectionneur, m'a effectivement donné l'autorisation de rester en Belgique, avoue le défenseur serbo-monténégrin du Standard. Ce sera un match très particulier à mes yeux car la Belgique est ma deuxième patrie. J'y vis depuis plus de huit ans. Je m'y suis parfaitement adapté et intégré...»

Mais mercredi soir, au moment de fouler la pelouse du stade Roi Baudouin, Ivica Dragutinovic ne sera pas enclin à faire la moindre concession: «En cas de victoire à Bruxelles, nous aurons fait un immense pas vers la qualification. Nous en sommes conscients et nous nous déplaçons avec l'intention de réaliser un résultat positif. Nous jouerons pour la gagne. Pour la Belgique, la situation se compliquerait davantage. Une défaite des Belges anéantirait tous leurs derniers espoirs même si, mathématiquement, aucun résultat ne sera déjà décisif.»

L'ambiance au sein de la délégation serbo-monténégrine est, en tout cas, au beau fixe. «Nous souhaiterions préserver notre leadership, poursuit Drago. Mais ce ne sera pas simple même si les Diables Rouges déplorent de nombreuses indisponibilités. La Belgique se targue de six participations consécutives en Coupe du monde. C'est un véritable exploit qui n'est pas à la portée de n'importe quelle nation! Ma sélection nationale n'a d'ailleurs pas participé à la Coupe du monde au Japon et en Corée, ni à l'Euro 2004 au Portugal. C'est dire si la pression qui pèse sur nos épaules est de plus en plus lourde. Tous nos compatriotes attendent beaucoup de nous.»

Sans Nenad Jestrovic

Mais l'ossature de la Serbie-et-Monténégro n'est plus la même que celle qui s'était produite lors de sa dernière apparition dans une grande compétition internationale, soit à l'

Euro 2000, en Belgique.

«Il y a eu effectivement beaucoup de changements, confirme l'ancien capitaine du Standard. Il n'y a plus que trois joueurs de cette génération-là: Savo Milosevic, Dejan Stankovic ou encore Mateja Kezman. Mes autres partenaires sont de jeunes joueurs talentueux. Quelques-uns d'entre eux sont très prometteurs et évoluent dans de bonnes formations européennes. Ils sont très motivés à l'idée de montrer qu'ils ne font pas partie d'une génération perdue...»

Et au sein de son équipe nationale, Ivica Dragutinovic évolue au poste d'arrière gauche désormais dévolu à Philippe Léonard au Standard: «Cela ne me pose aucun problème. L'absence de Mladen Krstajic, notre défenseur central, va peut-être obliger notre entraîneur à me positionner dans l'axe mais je doute qu'il modifie toute sa défense.»

L'adversaire des Diables devrait donc se présenter dans une configuration assez classique malgré l'absence de Jestrovic: «Lors de ses sept dernières apparitions, l'Anderlechtois a inscrit six buts. Son indisponibilité est regrettable...» Et préjudiciable?

© Les Sports 2004