La mort, jeudi soir, dans des circonstances tragiques, d'un supporter du Paris Saint-Germain, à quelques encablures du Parc des Princes, peu après la rencontre de Coupe de l'UEFA entre le club parisien et l'équipe israélienne d'Hapoel Tel Aviv suscite des réactions indignées dans tout l'Hexagone, l'affaire prenant de plus en plus un tour politique.

Les faits tout d'abord. Après la défaite (2-4) du PSG qui avait passablement énervé les supporters français, un policier en civil d'origine antillaise a ouvert le feu pour protéger un supporter français du club israélien poursuivi avec trois de ses camarades par une centaine de fans du club parisien hurlant des injures racistes. L'enquête judiciaire établira les responsabilités de chacun mais plusieurs témoignages vont dans le sens d'un acte de légitime défense. Le policier qui a tiré l'aurait fait alors qu'il était à terre, frappé par des supporters déchaînés, hurlant des injures racistes. Quoi qu'il en soit, le drame a fait un mort, un jeune homme de 25 ans, et un blessé, hors de danger.

Vendredi, la classe politique, emmenée par le chef de l'Etat, a été unanime à dénoncer les violences provoquées par des supporters parisiens parfois proches de l'extrême droite. Jeudi soir, plusieurs d'entre eux, qui avaient mis à sac le fast-food où le tireur et le jeune homme qu'il voulait protéger s'étaient réfugiés, ont été interpellés.

Le supporter tué était membre des "Boulogne Boys", club de fans marqué à l'extrême droite. Ce groupe est impliqué dans de nombreuses violences commises en marge de matches du PSG depuis des années.

Le PSG, qui vit, selon les mots de son président, Alain Cayzac, les heures les plus sombres de son histoire, est désormais condamné à juguler un mal qui le contamine depuis longtemps et qu'il n'est jamais parvenu à enrayer. En vérité, c'est l'ensemble du football français qui est frappé par un drame dont les signes avant-coureurs n'avaient peut-être pas été traités avec l'urgence requise.

Enjeu politique

Le thème de la violence autour des stades risque fort de s'inviter dans les débats pour la campagne de l'élection présidentielle du printemps 2007.

En attendant, un député de droite, Claude Goasguen, a demandé "la dissolution des groupes de supporters du PSG auteurs de violences" tandis que le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë soulignait "la nécessité absolue de combattre le racisme et l'antisémitisme dans l'environnement des supporters du PSG". "Ce qui se passe est grave pour la société française", a déclaré le président du Conseil représentatif des institutions juives de France, Roger Cukierman. SOS racisme a réclamé que les instances du football mettent en place "urgemment des états généraux contre la violence et le racisme dans le football". Cela suffira-t-il ?

(avec AFP)

© La Libre Belgique 2006