" O n a décidé de donner sa chance à Ivan Vukomanovic jusqu’à la fin de la saison."

Roland Duchâtelet l’a annoncé mercredi matin à Bierset, juste avant le départ pour Séville.

"L’objectif n’a pas changé : on veut se qualifier pour les playoffs 1 puis terminer dans le Top 3. On ne lui en voudra pas s’il n’y arrive pas. C’est un très jeune entraîneur. Son premier job de T1 arrive très tôt. Et c’est directement dans un tout gros club, avec beaucoup de pression et d’attention médiatique. Donc on n’est pas certain que cela va marcher. On tient compte du fait que cela peut ne pas réussir. Dans ce cas-là, je serai toujours derrière lui car il aura essayé et on lui aura donné la confiance."

Il a donc le bon profil à vos yeux.

Au départ, on ne pensait pas. Ce qui m’a convaincu ? Sa bonne gestion des événements. Il se débrouille très bien et mérite sa chance. On sait qu’on ne va pas gagner tous nos matches. La logique voudrait même qu’on perde à Séville. Mais c’est normal, on en tient compte. Et on ne lui en voudra pas si cela ne marche pas.

Vous ne craignez pas une nouvelle déception des supporters si cela ne marche pas.

C’est à voir. Ils sont assez imprévisibles…

Le contrat de Vukomanovic a-t-il été revalorisé ?

Oui, aussi longtemps qu’il sera T1, c’est-à-dire jusqu’en fin de saison, qui correspond aussi à l’échéance de son contrat. Si ça ne marche pas, on reviendra à la situation d’avant. Vu l’option qu’on a choisie, il peut très bien redevenir T2 par la suite.

Qu’a-t-il de plus que Guy Luzon ?

Chaque coach a ses qualités et ses défauts. La qualité principale de Vuko, c’est sa connaissance du français et du néerlandais, ce que Guy Luzon n’avait pas. Et Guy Luzon avait des qualités qui font défaut à Ivan.

A-t-il eu des réticences ?

Non. C’est vrai que c’est à double tranchant. C’est un gros challenge, mais c’est aussi une énorme opportunité.

Avez-vous consulté les joueurs ?

J’ai de bons contacts avec les joueurs. Je sais ce qu’il se passe dans le vestiaire.

Axel Lawarée, le nouveau conseiller sportif, a-t-il influencé ce choix ?

J’ai pris cette décision seul. J’en ai parlé à Axel Lawarée et il y adhère. Mais il vient d’endosser le rôle de conseilleur sportif et il n’a pas le recul nécessaire.


Vukomanovic jusqu’en juin : le choix de la raison

Guy Luzon parti, Roland Duchâtelet avait deux options : faire venir un nouvel entraîneur ou prolonger Ivan Vukomanovic, le T2 à qui le président avait demandé d’assurer l’intérim. Après avoir exploré plusieurs pistes (Jankovic, Fernandez, Antonetti, Hantz…), RD a privilégié l’option Vuko . Alors qu’on lui reproche parfois d’agir dans l’émotion, le président du Standard a fait le choix de la raison. Car Ivan Vukomanovic a beaucoup d’atouts dans son jeu

Son bilan

Il a parfaitement réussi son examen d’entrée. Il affiche un bilan quasi parfait depuis qu’il a repris l’équipe. 0-0 contre Séville puis victoires à Anderlecht, au Cercle et contre Malines.

Son expérience

S’il manque d’expérience comme T1 (il n’a débuté sa carrière d’entraîneur adjoint qu’en juin 2013), il connaît parfaitement le noyau. Son passé de joueur est aussi un atout.

Le soutien des joueurs

Le vestiaire l’a dit et répété : pourquoi changer vu que tout se passe bien ? "Vuko" a le soutien et la confiance de ses joueurs.

Un gain de temps

En plus des joueurs, "Vuko " connaît aussi les compétitions dans lesquelles est engagé le Standard. Un entraîneur étranger aurait eu besoin d’une période d’adaptation. Or, vu son début de saison catastrophique, le Standard ne peut plus perdre de temps…

La communication

Il parle six langues - dont le français, le néerlandais et l’anglais - et en comprend huit. Mais ce n’est pas tout : par son attitude posée et sa longue et diversifiée expérience de joueur, il sait faire passer son message à ses joueurs.

Son humilité

Durant son intérim, "Vuko" a continué à faire preuve d’humilité. Tant dans son discours par rapport à ses ambitions qu’à son approche du travail : il a bossé en équipe, avec ses adjoints mais aussi avec l’aide de la cellule de scouting. Avec un impact concret dans les matches.

Le coût

Par rapport à un coach venu de l’extérieur, qu’il aurait éventuellement fallu débaucher ou qui aurait voulu venir avec des adjoints, la solution "Vuko" est la moins coûteuse, même s’il a été augmenté.

La flexibilité

Le coach serbe l’a dit, il n’aura aucun problème à reprendre sa place d’adjoint. Si une opportunité qui n’était pas réalisable maintenant (style Gerets, avec qui un contact a été établi) se débloque, elle pourra être réalisée facilement. Y compris en fin de saison, quand la mission de "Vuko" arrivera à son terme.