Duchâtelet : de l'oxygène à tous les étages
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Duchâtelet : de l'oxygène à tous les étages

Christian Laporte

Publié le - Mis à jour le

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Devant ses amis du STVV, Roland Duchâtelet avait toujours dit que son intention était de se rendre superflu au Staaienveld. Même si le Standard n’avait pas été à vendre, le moment de retirer ses billes du club limbourgeois aurait même pu apparaître idoine : sans avoir brillé outre mesure, le STVV a terminé la saison sans dégâts, la formation des jeunes reste un "must" et même l’équipe féminine avait comblé toutes les attentes.

Ainsi se terminerait-il donc de manière un peu abrupte une passion de sept ans entre l’homme d’affaires et penseur politique, créateur de Vivant qui a aussi la particularité d’être un père de famille nombreuse - six enfants - issue de deux mariages ? Non, car sur le site des "Canaris", Duchâtelet laisse entendre qu’il se donne six mois pour remettre le club en de bonnes mains. Et en même temps en guise de message d’au revoir, il réaffirme qu’il gardera toujours une partie de son cœur pour les Trudonnaires !

Au commencement, c’est-à-dire lorsqu’on fit appel à lui pour sponsoriser le club limbourgeois, Roland Duchâtelet ne passait pas pour un grand expert du foot - il serait plutôt tennis et, côté hobbies, un excellent danseur, plus particulièrement dans le rock and roll - mais l’homme aime relever des défis. Surtout lorsqu’ils paraissent impossibles. Aussi lorsque le STVV au bout du rouleau lui suggéra de racheter le club, il rechigna d’abord, mit la barre très haut pour ne pas être choisi mais finit par accepter non sans assurer ses arrières en faisant appel à Marc Wilmots pour l’épauler. Duchâtelet se piqua au jeu et lorsque certains problèmes émergèrent ces derniers années ou mois dans la grande maison du foot belge, il ne fut pas le dernier à donner son avis, souvent très tranché.

Sans pour autant négliger ses autres, comment dire? "dadas", passions ou tout simplement occupations ? C’est que Duchâtelet est d’abord et avant tout un entrepreneur à multiples réussites qui a fait fortune. Avec à tout seigneur tout honneur le succès de Melexis, une société de semi-conducteurs informatiques pour le secteur automobile avec laquelle il s’est hissé au niveau des plus grands. Nommée entreprise de l’année en 2000, elle pouvait afficher l’an dernier un chiffre d’affaires de 219 millions d’euros même si elle a aussi subi de front les effets de la crise financière et économique de ces dernières années.

Le secret de la réussite est dans une citation du "patron": "l’objectif d’une société est que ses membres soient heureux dans le cadre de leur travail. Mais afin qu’ils puissent rester heureux, nous devons veiller à faire des bénéfices !"

Duchâtelet n’en resta pas là puisqu’il développa d’autres entreprises-filles dans l’environnement de la micro-informatique telles X-Fab, Epiq ou encore Fremach qui ont connu des hauts et des bas. Mais de quoi quand même faire de lui un des hommes les plus riches de Belgique, le 18e même à en croire Ludwig Verduyn qui suit de près l’évolution des grandes fortunes dans notre pays.

Peu importe au fond la place dans ce hit-parade, Roland Duchâtelet n’est certainement pas homme à se reposer sur ses lauriers ou sur un tapis d’euros. C’est ce qui l’a amené aussi à tâter de la politique et à créer son propre parti "Vivant" qui se développa dans les trois régions du pays avant de former un cartel et de se dissoudre, du moins en Flandre, dans l’Open VLD.

Ici encore, Duchâtelet s’efforça de ne pas être comme les autres puisque l’homme présenta sa formation comme un parti libéral de gauche. En 1994, il avait publié "SA Belgique, Rapport aux actionnaires", un opuscule dans lequel il proposait un modèle socio-économique alternatif reposant sur l’introduction d’un revenu de base supérieur au seuil de pauvreté. A grand renfort d’analyses qui se voulaient convaincantes, il avait pris langue avec diverses organisations politiques mais ses propositions de réforme se heurtèrent à des refus polis. C’est ce qui le décida à fonder son propre parti qu’il présentra comme "l’oxygène de la politique".

Le succès ne suivit toutefois pas mais Duchâtelet se rapprocha de l’Open VLD pour finalement siéger lui-même comme sénateur de 2007 à 2010 comme suppléant de Guy Verhofstadt tout en devenant aussi échevin à Saint-Trond.

Reste à évoquer une dernière question qui taraude quelques esprits extrémistes: que va donc faire un homme d’affaires flamand en Wallonie et plus encore à Liège ? Rassurons les "pointus" linguistiques : à diverses sources, l’on rappelle que ses parents ont vécu à Liège avant de s’installer en Flandre. Roland Duchâtelet qui a vu le jour à Merksem le 14 novembre 1946 est en tout cas un homme d’ouverture: en janvier dernier dans un papier d’opinion dans le "Tijd", il a plaidé pour la constitution d’une région métropolitaine bruxelloise qui engloberait aussi les deux Brabant. Avec quatre langues officielles: le français et le néerlandais mais aussi l’allemand et l’anglais...

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