Duo de survivants à Charleroi

Football

Manu Salvé

Publié le - Mis à jour le

Duo de survivants à Charleroi
© Photonews
Entretien

Cet été, il formait un quintette avec les frères Bayat, Mathijssen et Mommens. Il ne forme plus qu’un duo avec Mehdi Pierre-Yves Hendrickx est, dans les faits, (re)devenu le numéro 2 du matricule 22. Ingénieur chimiste, "PYH" n’a jamais travaillé qu’au Sporting, qu’il a commencé à servir via un petit journal interne. Inamovible à son poste depuis bientôt 20 ans, il a vécu de nombreuses crises zébrées. Pourquoi reste-t-il toujours en place ? Parce qu’il est indispensable. Comme ses prédécesseurs, Abbas Bayat le sait et se passera donc plus volontiers des services de quiconque d’autre que des siens. Il cumule avec la casquette de secrétaire général gérant l’administration du club, les fonctions de correspondant auprès de la fédé, de la ligue et de la Ville et d’interface avec le staff, les joueurs, l’école des jeunes, les agents de joueurs, la presse et on en oublie certainement ! Entretien.

Comment avez-vous vécu tous ces départs ? Est-il facile de scinder l’amitié et la relation professionnelle ?

Non, car on ne travaille pas au quotidien pendant des années avec des personnes sans créer des liens.

Comment voyez-vous l’avenir du club à court, moyen et long terme ?

A court terme, il faut se sauver sur le terrain. A moyen et long terme, si possible toujours en D1, car cette ville le mérite, le public et le foot belge aussi. Mais il faut tout reconstruire et cela passe par le maintien. Sinon, on risque un scénario comme celui l’Antwerp ou du Brussels. Ce serait galère et un beau gâchis

Quel regard portez-vous sur chacune des directions que vous avez servies ?

MM. Elsen et Colson m’ont fait confiance dès 1992. On a grandi en D1 ensemble. Fin des années 90, M. Spaute a dû se résoudre à accepter que le sportif seul ne pouvait plus assurer l’avenir. Il a cherché en vain un appui financier extérieur. M. Bayat a alors sauvé le club mis en liquidation en 2000 avec le projet Scifo. Les premières années furent très difficiles financièrement et la Ville tentait de reprendre le contrôle. Quel stress et quelle ambiance pourrie ! M. Bayat a alors tout pris en charge et installé Mogi à la barre. On a travaillé jour et nuit, aux quatre coins du pays, pour régler certains dossiers. Puis Mehdi et Jacky sont arrivés et on a directement formé une équipe soudée et performante avec, en point d’orgue, une association de type Mogi-Jacky qui n’a plus jamais été de mise par la suite. On espérait recréer cela en juin 2010

Lors de la fronde interne à la suite du départ de Mathijssen, vous étiez aux côtés des frères Bayat. Le président ne vous en a-t-il pas tenu rigueur ?

On avait vendu ce projet ensemble et on espérait que reformer le duo Mogi-Jacky allait relancer le club. Je me suis expliqué avec le président. La vie continue et il a demandé à Mehdi et à moi d’être proches du nouveau staff.

On entend souvent que vous incarnez la continuité carolo au sein du club. Est-ce une fierté pour vous et cela n’est-il pas parfois un peu lourd à porter ?

Je suis un pur Carolo ! Malheureusement, la ville est à l’image de son club actuellement : en déclin. Charleroi mérite de renaître. Il y a beaucoup de gens de qualité et entreprenants dans notre région, mais trop peu s’investissent dans notre ville ou notre club.

Depuis le départ de Mogi, vous avez pris une nouvelle dimension en (re)devenant le numéro 2 du club dans les faits ? Etes-vous d’accord avec ce constat ? Comment se déroule l’organisation quotidienne ?

On se partage désormais le tout en concertation avec Mehdi et en accord avec le président. Il n’y a pas de numéro 2, on est un club et il y a une équipe dirigeante qui travaille pour le bien de celui-ci. Chacun apporte sa part en fonction de ses qualités.

Est-il possible de continuer à fonctionner ainsi ?

La structure rechangera peut-être ou pas sous M. Bayat. Lui seul le sait. Quoi qu’il en soit, nous nous attelons à faire tourner le club au quotidien.

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