La crise de confiance d'Eden Hazard s'est confirmée ce mardi soir avec un nouvel échec aux onze mètres qui a scellé l'élimination de Chelsea en Capital One Cup. Statistiques et analyse.

Jeune, talentueux et parfois insouciant, Eden Hazard n'en est pas moins mature et conscient des hauts et des bas que connaissent les footballeurs. A Lille, déjà, il avait eu l'occasion de déclarer à plusieurs reprises qu'il appréciait le fait d'être épargné par les blessures et les passages à vide. Cela aura donc duré 7 ans. Sept longues années déjà que le Diable rouge sévit sur les terrains de foot professionnels avec succès. Mais cette fois, il semble bel et bien enfoncé dans une crise de confiance qui ne le lâche plus, à l'image de son tir au but raté contre Stoke City, ce mardi soir.

Moins présent dans le jeu, rarement décisif dans les derniers mètres et décrié par José Mourinho, le Brainois est dans le dur à Chelsea depuis le début de saison. Ses quatre buts en quatre matches avec les Diables, une statistique dont il n'est pas coutumier en équipe nationale, sont les arbres qui cachent la forêt. Car à Chypre, il était en dessous de tout avant de libérer son équipe. Contre la Bosnie, son penalty obtenu et transformé fut l'une de ses rares étincelles. Et en Andorre, il a transformé un penalty avant d'en rater un autre. Enfin, il fut meilleur contre Israël mais il devait essentiellement son but à la nonchalance de la défense adverse.

Ce coup de moins bien se traduit notamment par les nombreux échecs connus par Eden dans ses bottés de penalties. Du statut de "meilleur tireur de penalty du monde" que lui attribuaient certains médias début 2015, le voilà passé à celui de tireur en manque de confiance quelques mois plus tard.

Un bilan de 43% depuis mai

Depuis que ces médias ont analysé la façon de tirer d'Eden en début d'année, notre compatriote a raté 4 de ses 7 tentatives. Il a d'abord échoué contre Crystal Palace le 3 mai dernier (il se reprenait toutefois pour le transformer en deux temps, de la tête, et offrir le titre à Chelsea), alors qu'il en était à un bilan de 9/9 en Premier League. Il s'est ensuite repris avec les Diables rouges en convertissant ses tentatives contre la France, en juin, et contre la Bosnie, début septembre, avant d'échouer à nouveau face au Maccabi Tel Aviv le 16 septembre, en C1. Le 10 octobre, il soufflait le chaud et le froid en Andorre (un penalty réussi sur deux tentés), le soir de la qualification mathématique pour l'Euro. Et ce mardi soir, il ne ratait non pas un penalty mais bien un tir au but décisif contre Stoke City en Capital One Cup.

Après sa tentative ratée en Andorre, qui était donc son troisième échec en quelques mois, Eden avait déclaré qu'il se résignerait à changer sa façon de tirer. En effet, son "truc" qui lui avait permis de faire partie des meilleurs botteurs du monde a été analysé en long et en large par ses adversaires. Plus question de fixer le gardien du regard et d'attendre qu'il se couche pour le prendre à contre-pied, puisque ces mêmes gardiens avaient fini par retarder leur plongeon. Contre le Maccabi Tel Aviv, il avait d'abord tenté de frapper en force, voyant son essai s'envoler dans les tribunes. En Andorre, il en revenait donc aux bases et fixait le gardien andorran du regard, manquant sa deuxième tentative. Comme annoncé, Eden allait donc changer (définitivement) sa façon de tirer. Et visiblement, Butland, le portier de Stoke, en avait pris bonne note. Le jeune gardien de 22 ans n'a pas attendu le tir du n°10 blue pour s'élancer, ce qui lui a permis de détourner sa frappe puissante, placée à gauche du but et à mi-hauteur.

Malgré ces quatre échecs en quelques mois, les statistiques globales d'Eden restent bonnes dans les compétitions majeures. Certes, elles sont très moyennes en Champions League avec un triste 3/6 (échecs contre Nordsjaelland en 2012, contre Maribor la saison passée et donc contre le Maccabi en début de saison), mais il a inscrit les deux plus importants contre le PSG au cours des deux dernières saisons. Et il culmine à de très bons 9/10 en Premier League (son seul échec fut transformé en deux temps), 6/8 avec les Diables (échecs contre la Bulgarie et Andorre) et 9/9 en Ligue 1, avec Lille. 

Mais ces statistiques appartiennent désormais au passé. Car les différents portiers du monde son désormais avertis : si Eden les fixe dans sa course d'élan, il leur suffira d'attendre le plus longtemps possible avant de plonger pour perturber le Brainois. Le Belge redevient donc un tireur de penalty comme les autres et devra placer le cuir au plus près du poteau pour s'assurer un pourcentage de réussite maximum. Mais après tout, avec son aisance technique, cela ne devrait pas être insurmontable.

Il devra par contre se préparer à voir son taux d'échec se "normaliser", au point peut-être de perdre son statut de tireur n°1 à Chelsea et chez les Diables...