Week-end très sportif et festif, qui aura vu à la fois se terminer l’Euro de football et débuter le Tour de France ! La simultanéité ne manque pas d’interpeller, dès lors que l’audience du ballon rond n’aura pas faibli jusqu’à l’ultime seconde et que les premiers coups de pédale en terres liégeoises y auront provoqué un engouement exceptionnel... Ainsi donc, qu’importeraient les phénomènes détestables de fric roi, de violence, de dopage et autres tricheries qui nourrissent et dévoient régulièrement l’actualité sportive; ils ne tiennent jamais face à l’intérêt, la ferveur, la passion d’une foule envers et contre tout irréductible.

S’il est récurrent, le phénomène prend un relief aigu en l’espèce, celle d’une joute cycliste qui nous a désormais habitués à moins découvrir des champions qu’à douter de leur intégrité, et celle d’un foot italien - l’heureuse surprise de fin d’Euro - dont la récurrence de la qualité n’a d’égale que celle des matches truqués qui le gangrène. Le tout, en pleins stupeurs et tremblements de la crise, alors que les budgets publics déployés sans souci apparent pour organiser et sécuriser les grands rendez-vous sportifs sont rarement transparents, dans l’attente de retombées aléatoires; et alors que des stars alignent des revenus auxquels n’oserait prétendre le plus vénal des grands patrons

Précisément, répliquera-t-on, les occasions de casser la morosité, de célébrer des exploits, de faire la fête sont trop rares pour ne pas les snober ? Soit, mais mesurons-en le prix, qui trop souvent conduit à rabaisser le niveau d’exigence d’une certaine éthique collective. Ne pas cracher dans la soupe ne revient pas à nier son amertume.