L’Espagnol a réalisé un doublé lors de la victoire 3-0 face à la "Squadra Azzurra".

Le contraste est saisissant et dit tout de son changement de statut.

Il y a un peu moins d’un an, le 6 octobre dernier, voir Isco prendre place en tribune lors du match aller en Italie apparaissait comme normal. La présence en sélection de l’Andalou qui, à ce stade de la saison n’avait joué que 57 minutes avec le Real Madrid, n’était qu’un sujet secondaire. "Mais en un an, Isco a beaucoup grandi", a souri ce samedi Julen Lopetegui.

De remplaçant, le joueur s’est mué en titulaire en puissance et a signé ce samedi sa prestation la plus brillante avec la "Roja". Comme si évoluer à Santiago Bernabeu pour sa 21e sélection lui avait donné des ailes.

Autant faire simple, le milieu offensif a survolé son sujet, ouvrant le score d’un coup franc parfaitement exécuté avant de doubler la mise d’une frappe du gauche à l’entrée de la surface.

"Je n’ai frappé que deux fois au but et j’ai eu la chance que cela rentre", a avancé le joueur devenu trop modeste pour mettre en faveur le facteur talent qui dégouline de ses autres statistiques de la rencontre.

Son total de 56 passes réussies sur 59 tentées est considérable pour un joueur offensif. Comme ses cinq dribbles réussis sur six. A deux reprises, Marco Verratti s’est retrouvé comme la victime de ses enchaînements techniques exquis qui n’ont pas fini d’affoler YouTube avec un petit pont de la semelle au sortir d’un double contact et un coup du sombrero.

"Quand je l’ai vu faire, j’avais envie de me lever et de l’applaudir", a avoué le sélectionneur italien Giampiero Ventura parlant d’un joueur "au talent incroyable".

Une liberté en position de faux avant-centre

Si le potentiel de l’Andalou révélé à Malaga n’a jamais été source de questions, sa façon de l’exprimer a par contre charrié son flot d’interrogations. Mais plus que Zinédine Zidane, qui l’a convaincu de ne pas quitter le Real et a profité des blessures de Gareth Bale pour en faire un titulaire, la paternité de la solution revient à Lopetegui qui a très vite misé sur lui et en a été récompensé.

En l’installant face à l’Italie dans un rôle de faux avant-centre, le sélectionneur espagnol a réussi à offrir à son joueur cette liberté dont il raffole tout en privant l’arrière-garde de la "Squadra" d’un point d’appui, ce qu’elle déteste. Et le résultat a été plus que probant.

"Isco a été magnifique et a débloqué la situation, a noté le technicien. Il veut toujours le ballon et travaille aussi bien sans. Etre aussi régulier à ce niveau vous fait grandir. C’est un superbe joueur."

Un prestidigitateur, même pour Marco Asensio : "Ce qu’il fait, c’est de la magie, s’est enthousiasmé le petit prodige. Il a démontré une fois de plus que c’est un sacré footballeur. Il a marqué deux buts splendides, il a réussi un match énorme et des gestes que j’ai vu faire par très peu de joueurs. Il faut le féliciter." Et se préparer à d’autres soirées d’Isco…