Les images télévisées d'un supporter du club de football Benfica, tabassé par un agent de police sous les yeux de ses enfants, ont suscité une vague d'émotion au Portugal, conduisant le ministère public à ouvrir une enquête.

L'enquête intervient "après une plainte pour des soupçons d'abus de pouvoir lors de l'intervention policière", indique le procureur général de Porto (nord) dans un communiqué publié mardi sur son site internet. José Magalhaes, un homme d'affaires âgé de 43 ans, a été roué de coups par un agent de police alors qu'il sortait dimanche du stade Afonso Henriques à Guimaraes (nord), à l'issue d'un match qui a permis au Benfica de décrocher son 34e titre de champion du Portugal.

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La scène, dont les images ont fait le tour des réseaux sociaux, s'est déroulée sous les yeux des enfants de neuf et treize ans de José Magalhaes. En état de choc, le cadet qui a éclaté en sanglots, a été retenu par deux autres policiers. Le grand-père, qui avait tenté de s'interposer, a été également pris à partie par les policiers. Après son interpellation musclée, José Magalhaes a été mis en examen pour outrage à agent public, un délit qu'il a nié à plusieurs reprises. "J'avais juste dit à l'agent que la police ne faisait pas son travail, car elle ne nous laissait pas sortir du stade. J'étais inquiet pour la sécurité de mes enfants", a-t-expliqué à la presse.

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La police a ouvert une procédure disciplinaire à l'encontre de l'agent et le ministère de l'Intérieur a lancé une enquête sur l'incident qui choqué tout le pays. L'opposition a demandé des comptes au gouvernement. "Il faut que le gouvernement fasse rapidement toute la lumière sur le comportement des forces de l'ordre", a réclamé une porte-parole du Bloc de gauche, Cecilia Honorio. Le président du Benfica, Luis Filipe Vieira, qui a fustigé "la violence" de l'incident, a convié la famille Magalhaes à la cérémonie de remise de trophée samedi au stade de la Luz à Lisbonne.

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La fête du Benfica, sacré dimanche champion du Portugal pour la seconde année consécutive, avait été ternie par des heurts entre supporters et forces de l'ordre à Lisbonne et dans le nord du pays.

A l'issue du match décisif opposant Benfica à Vitoria Guimaraes (0-0), le stade a été vandalisé par des supporters des "Aigles" (Benfica) qui ont arraché des sièges et saccagé le bar. Les dommages ont été évalués par les "Victoriens" à plus de 100.000 euros.