Ils s’appellent Roman Abramovitch, Malcolm Glazer, Thaksin Shinawatra. Ils sont russe, américain, thaïlandais. Ces hommes d’affaires richissimes ont investi dans des clubs anglais de football pour se faire connaître et profiter de la manne du championnat le plus riche du monde.

Le rachat surprise de Chelsea l’été dernier par le milliardaire russe Roman Abramovitch a ouvert la voie à d’autres investisseurs attirés par des clubs de football connus dans le monde entier.

Dans la foulée, le magnat du sport américain Malcolm Glazer, est devenu le deuxième actionnaire de Manchester United, tandis qu’un bras de fer oppose actuellement le Premier ministre thaïlandais Thaksin Shinawatra et un homme d’affaires britannique pour monter dans le capital de Liverpool.

«Le nombre de clubs de réputation mondial est limité: Liverpool est une marque à part entière comme Manchester United, Chelsea ou Arsenal », souligne Lauren Henderson, analyste à la société de conseils en marque Futurebrand.

«Mais à la différence de Manchester United, Liverpool n’a pas encore exploité son potentiel en terme de produits dérivés et de contrats de parrainage », poursuit-elle.

Manchester United, qui a généré des recettes de 251,4 millions d’euros en 2002/2003, selon le cabinet de consultants Deloitte and Touch, est l’exemple absolu du club de football devenu une entreprise générant d’énormes bénéfices.

«Les sommes en jeu dans le football ont fortement progressé. Au cours des dix dernières années, elles ont été multipliées par cinq pour culminer à cinq milliards de livres » (7,46 milliards d’euros), explique Tom Cannon, de la société d’études spécialisés Ideopolis.

Des hommes d’affaires qui ont réussi dans des secteurs aussi variés et concurrentiels que le pétrole, l’immobilier ou les télécoms, flairent dans le ballon rond les bonnes affaires.

«D’autant, note Tom Cannon, qu’il y a beaucoup d’incompétence parmi les dirigeants des clubs de football anglais: comment expliquer sinon que l’endettement total des clubs de première division était il y a dix ans de 50 millions de livres sterling (74,6 M d’euros) et qu’il est aujourd’hui d’un milliard de livres » (1,49 md d’euros).

«Les hommes d’affaires qui s’intéressent au championnat d’Angleterre se disent qu’ils peuvent faire mieux que les patrons actuels des clubs », poursuit Tom Cannon, citant les dettes record de Liverpool, Leeds United et Chelsea avant l’arrivée de Roman Abramovitch.

Autre facteur aiguisant l’appétit des investisseurs: l’attrait qu’exercent le football et des joueurs icônes comme David Beckham, Michael Owen ou Thierry Henry dans le monde entier, et notamment en Asie, qui devient ainsi une source importante de revenus pour les clubs.

Grâce aux retransmissions télévisées depuis que BSkyB s’est emparé en 1995 des droits de diffusion du Championnat d’Angleterre de football, «il est plus facile de voir un match de football anglais à Hong Kong ou Bangkok qu’à Birmingham ou Manchester », explique Tom Cannon.

«Le football est le seul sport de dimension mondiale: les clubs anglais sont des marques avec des icônes. Même les propriétaires de grands clubs de football américain ou de basket-ball l’ont compris. Leur sport n’arrivera jamais à dépasser le football », conclut l’expert d’Ideopolis.

Ultime argument pour expliquer l’afflux d’investisseurs étrangers dans l’Angleterre du football, la quête de respectabilité pour des hommes d’affaires, inconnus, ou au passé plus ou moins sulfureux.

C’est le cas de Roman Abramovitch, oligarque russe à la tête d’une immense fortune bâtie sur les décombres de l’ex-URSS, ou de Mohamed Al-Fayed, ressortissant égyptien en quête d’un passeport britannique qui s’est emparé de Fulham en 2000.

«En s’intéressant à Liverpool, le Premier ministre thaïlandais a attiré l’attention sur son pays, il a rendu les Thaïlandais fiers et heureux », souligne Michael Stirling, juriste spécialisé dans le sport au cabinet Field Fisher Waterhouse.





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Pour faire un peu de sport certaines personnes empruntent l’escalier plutôt que l’ascenseur. C’est bien ! Il n’empêche, nous passons chaque année, plusieurs heures dans les ascenseurs et trouvons normal que les 75.000 appareils du parc belge nous conduisent, en toute sécurité, aux étages voulus.


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