Entretien

Jeté dans le feu de la Ligue des Champions, Genk a - "nostra culpa" - été descendu en flammes plus que de raison. Car si les Limbourgeois ont par deux fois plongé, pieds les premiers, sur les terrains de Valence et Chelsea, les champions en titre peuvent aussi, sans rougir, imprimer un brevet d’invincibilité pour leurs matchs à domicile. Ceci étant, le cas de Genk ne résume pas le football belge et son bilan. Mardi face à Leverkusen, seuls trois joueurs belges (Vanden Borre, Simaeys, Buffel) étaient encore sur le terrain, jambières relevées, au moment du coup de sifflet final. Mais à quelques enjambées, les Witsel, Defour, Hazard, Verthongen ou Kompany s’affichaient en ambassadeurs belges sous les mêmes lampions de cette compétition. La phase de poules désormais terminée, la délégation belge pouvait alors passer sous l’œil de Marc Wilmots, le temps d’un bilan de santé.

1 Une énigme nommée Hazard. Les mauvaises langues pourraient ici voir le "syndrome Diables Rouges" se greffer aussi sur la Ligue des Champions. Souvent batailleur, parfois effacé, Eden n’était jusqu’à hier pas encore sorti de la mêlée européenne. "N’oublions pas qu’il s’agit pour lui d’une nouvelle compétition", précise Marc Wilmots. "La Ligue des Champions se situe, qualitativement, à un cran des équipes nationales. Même si Eden pouvait avec Lille se reposer sur des automatismes qu’il ne possède pas chez les Diables, il n’avait que 6 matchs pour gagner sa statue de Commandeur. C’est peu, très peu quand on sait que, dans une telle compétition, d’infimes détails peuvent rayer ou relancer une mécanique à l’arrêt. Ceci étant dit, Eden n’a jamais démérité." Seul le temps doit désormais faire son œuvre.

2 Une bouée jetée dans le port d’Amsterdam. Etonnante épopée que celle de nos deux Ajacides, Verthongen et Alderwereld. Touchés et coulés en championnat des Pays-Bas (où l’Ajax traîne à 7 longueurs d’Alkmaar), les joueurs hollandais affichent un excellent bulletin européen. "On sent que cette équipe a grandi depuis la saison passée. Je reviens sur l’une de mes marottes mais l’expérience ne s’achète pas. Le métier ne rentre qu’en accumulant les rencontres et le talent peut faire des pieds et des mains, à lui seul, il n’y pourra rien", ajoute Wilmots. "Ceci étant, il est clair que l’Europe leur a coûté des points. Même avec un moral à bloc, la fatigue des voyages, le manque de concentration pèsent lourd dans la balance. L’adage se vérifie aussi avec des clubs comme Marseille."

3La dépendance du collectif . On attendait monts et, peut-être, merveilles de joueurs comme Kevin De Bruyne, Jelle Vossen (Genk) voire Steven Defour (Porto). "Tous ces joueurs doivent être portés par un collectif pour éclater. Genk a souffert d’un axe central complètement dévasté. A Porto, Defour se démène mais s’intègre à un collectif qui tourne un peu moins bien. On mélange l’exigence et l’impatience. Tous doivent encore grandir."