«Dans certaines circonstances, le résultat importe plus que la manière. Nous n'avons pas bien joué mais nous nous sommes qualifiés, c'est l'essentiel.»

Cette réflexion entendue dans la bouche d'un membre de la nombreuse délégation du Sporting Charleroi symbolise à merveille l'état d'esprit qui a régné samedi soir au stade Fallon: si l'on avait disputé un match de boxe, le White Star serait sorti vainqueur aux points mais dans l'ultime reprise, Brogno a su mettre les Woluwéens K.-O. au moment opportun. Il ne restait, en effet, que cinq minutes à jouer quand le frère de l'entraîneur adjoint surgit de nulle part pour crucifier, en deux temps, Magits.

«À ce moment-là, la partie était quasiment jouée», relata Charles Chapelle, tout... sourire à la conférence de presse qu'il tint en solitaire, Jacky Mathijssen se faisant désirer, en traînant dans les couloirs du stade Fallon. «Le tournant de la partie, c'est indubitablement la sortie d'Issankoy. C'était lui notre pourvoyeur de ballons et lui qui gardait le cuir. Notre organisation fut chamboulée dès sa sortie. Je ne devrais pas le dire mais quelque part, comprenant sa frustration d'avoir été privé de compétition pendant plus d'un an, je lui pardonne ce geste d'humeur à l'égard de Reina. Mon joueur n'aurait pas dû répondre aux provocations du Carolo, on est bien d'accord! On dit que Toni Brogno était hors jeu, un spectateur neutre me l'a confirmé. C'est vrai que c'est un peu frustrant mais je vous avouerai aussi que je préférerais un tel scénario plutôt que de voir mon équipe se farcir une demi-heure supplémentaire pour peut-être le même résultat au bout du compte. N'oublions tout de même pas que nous avons une rencontre importante à Bocholt la semaine prochaine. Le championnat reste notre priorité mais mes joueurs, dont je suis très fier, auront emmagasiné une belle expérience et sortent la tête haute de cette Coupe de Belgique.»

La différence?

La puissance physique!

Poursuivant sur sa lancée du match contre Louvain en championnat, il est clair que c'est l'organisation du White Star qui a considérablement gêné la progression de l'ogre de D 1. Ce qui a fait incontestablement la différence, c'est la puissance physique. Il n'est dès lors pas illogique que le Sporting Charleroi ait émergé dans la dernière ligne droite. Car, en matière footballistique, les Zèbres n'ont pas convaincu. Vraiment pas! Certains n'hésiteront d'ailleurs pas à prétendre que ce sont les deux pannes d'électricité qui les ont sauvés...

à la qualification jusqu'au but de Brogno. (RONALD DEVAUX)

© Les Sports 2004