À l'instar de la capitale, de la Venise du Nord et de la Cité ardente, la Métropole abrite désormais elle aussi une grande équipe nationale: le Germinal Beerschot, lauréat de la cinquantième édition de la Coupe! Depuis qu'il avait éliminé Genk en quart de finale, le club du Kiel, né en 1999 de l'absorption du Beerschot radié par le Germinal Ekeren, ne vivait plus que pour cette apothéose, la première de sa jeune histoire. Il avait fait le plein de cette adrénaline que les Brugeois du Club, plus préoccupés qu'ils n'avaient voulu en convenir par la menace Anderlecht en championnat, n'ont pas su réalimenter. Transcendés par l'événement, beaucoup plus frais mentalement que les champions, les joueurs anversois ont conquis leur premier trophée de belle manière, au terme d'une finale de belle tenue. Peut-être parce qu'ils le désiraient plus ardemment encore, ils ont réussi, contre le recordman de l'épreuve, là où Mouscron en 2002, puis Beveren en 2004 avaient échoué, s'inscrivant dans l'histoire comme le vingt-deuxiè- me club différent à avoir brandi le trophée. Au coup d'envoi, le GBA était, déjà, qualifié par défaut pour la Coupe Uefa. Il a eu la fierté de mériter ce privilège. Dirigé avec lucidité, il entend à présent grandir sur la scène nationale, pas à pas, en marquant les étapes pour ne pas se brûler les ailes, lui qui a reconquis une ferveur populaire égale, peut-être, à celle qui, parfois, transcendait l'ex-Beerschot. Sur le coup, les Brugeois ont accusé durement leur défaite. Le Club n'a pas amélioré les records qu'il détenait déjà, Trond Sollied n'a pas rejoint Ernst Happel et Hugo Broos qui, en 1977 et en 1996, avaient réussi le doublé. Ils s'en remettront, l'un et l'autre...

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