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Sur la pelouse, ils se sont échangé des ballons, des sourires amusés. Ils se sont parfois recherchés, ils ont plaisanté ensemble, renouant le fil d'une connivence que l'éloignement avait étiré. «Nous nous sommes vus pour la dernière fois au mariage de Gaëtan Englebert, il y a trois ans déjà, se souvient Olivier De Cock. A Bruges, nous avons toujours pris plaisir à travailler l'un avec l'autre. Nous nous fréquentions même parfois en dehors du stade. Je n'irai pas jusqu'à prétendre que nous étions des amis mais on pouvait nous considérer comme des copains. Nous rigolions en tout cas souvent ensemble.»

Une situation bizarre

Olivier De Cock sourit:

«La situation, aujourd'hui, m'apparaît un peu... bizarre: naguère encore, j'étais clairement le substitut d'Eric. Aujourd'hui nos statuts, provisoires peut-être, se sont inversés. Nos rapports ne s'en trouveront pas altérés pour autant.»

Revenu... en courant de Lyon, où il vient de «bétonner» de nouveau sa place d'arrière droit, Eric Deflandre délivre le même discours dénué d'ambiguïté: «Il n'y a pas l'ombre d'un nuage entre Olivier et moi. Si Aimé Anthuenis lui fait confiance, c'est qu'il le mérite. J'arrive à peine: laissez-moi me... présenter au coach, reprendre mes marques. Pour l'heure, il n'y a pas photo entre Olivier et moi: mon successeur à Bruges est le titulaire du poste. Je rappelle simplement que nous avons déjà été équipiers, De Cock et moi: Olivier évoluait devant moi, sur le flanc droit. Nous coulissions à la perfection quand je montais en ligne. En équipe nationale, je me suis déjà trouvé en concurrence avec Genaux, Crasson et Peeters. La situation n'est donc pas neuve pour moi. Dans ma philosophie, ce concept a toujours été sain.»

Titulaire à Lyon depuis sept rencontres, Eric Deflandre «revit». Et pas seulement parce qu'il a offert l'assist, le deuxième de sa saison, à Juninho, auteur de l'unique but d'une précieuse victoire, dimanche soir à Nice.

Le «Gone» d'adoption s'est «recomposé» après un Mondial bien inachevé, qui a failli le consumer d'amertume. Il a rangé dans un recoin de sa mémoire les propositions de transfert que lui avaient soumises, pendant le mercato, Galatasaray mais aussi Everton, Middlesborough, le FC Kaiserslautern d'Eric Gerets et un club espagnol qui ne voulait qu'un prêt.

Une chance saisie d'emblée

Le Liégeois est fier d'avoir «confondu» Paul Le Guen, son entraîneur lyonnais: «J'ai vécu une longue période délicate entre l'après- Tunisie-Belgique du Mondial et le mois de février dernier. Par moment, j'ai même failli me décourager, devant l'inanité des efforts que je déployais pour convaincre l'entraîneur qu'il se trompait sur moi. J'ai tu mon désarroi, heureusement. Cette adversité m'a rendu plus fort. Paul Le Guen a longtemps estimé que l'équipe présentait assez d'éléments créatifs pour aligner, en plus, un arrière offensif. Il a ensuite orienté le système de jeu vers un 3-5-2 qui ne s'est pas imposé. J'ai continué de travailler dur et de livrer de bons matches dans l'anonymat. J'ai ainsi incité l'entraîneur à me redonner ma chance. Je l'ai saisie d'emblée, contre Troyes. Je n'ai plus quitté l'équipe fanion. Je suis fier de ne m'être jamais renié, d'être toujours resté moi-même.»

Olivier De Cock ne se considère pas comme «installé» en équipe nationale: «J'ai remarqué que les postes d'arrière d'aile étaient sujets à fluctuation. Mes trois sélections m'ont valu trois titularisations. Mais je sais aussi que mon premier vrai gros match, je le disputerai samedi, à Zagreb...»

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