Le débat lancinant sur l'avenir de l'entraîneur de Marseille Eric Gerets, qui pourrait donner à l'OM son premier titre depuis 1993, a pris fin mardi après l'annonce par celui-ci de son départ, dont il rend largement responsable l'actionnaire du club Robert Louis-Dreyfus.

Il pourrait rejoindre le club saoudien d'Al-Hillal, avec lequel, selon le quotidien l'Equipe et le journal saoudien Oukaz, les négociations sont avancées. Ces informations ont d'ailleurs précipité son annonce. "Nous ne confirmons ni n'infirmons" l'existence de contacts avec Eric Gerets, a déclaré à l'AFP la direction d'Al-Hillal, reconnaissant toutefois que la piste Gerets avait été étudiée en mars, avant qu'un autre Belge, Georges Leekens, ne soit finalement engagé comme entraîneur.

Le départ de Gerets ne constitue au fond qu'une demi-surprise. Les dirigeants marseillais s'y préparaient depuis quelques semaines, laissant même entendre qu'ils avaient déjà identifié des candidats pour lui succéder.

Depuis plusieurs semaines, de phrases sibyllines en réponses énigmatiques, s'était esquissée la tendance d'un départ.

Lundi encore, le coach marseillais déclarait: "On est en lutte pour le titre, si je ne donne pas une réponse, c'est qu'il y a une raison". Sous-entendu: l'annonce d'un départ pourrait parasiter la fin de saison sportive, alors que le club pourrait décrocher son premier trophée depuis 1993 et la Ligue des champions.

Les propos récents du président marseillais Pape Diouf, affirmant qu'il ne céderait "ni à la pression médiatique, ni à la pression populaire" concernant l'avenir de Gerets alimentaient également l'hypothèse d'un départ.

Diouf faisait là allusion notamment à l'immense popularité dont jouit Gerets auprès des supporteurs, jamais vue à Marseille pour un entraîneur depuis son compatriote Raymond Goethals. Au point d'apparaître aujourd'hui comme la figure de proue médiatique du club.

Gerets récolte évidemment le fruit de résultats très positifs (malgré une élimination deux saisons de rang au 1er tour de la Ligue des champions) et d'un travail de fond sur ses joueurs, que ceux-ci sont les premiers à admettre. Partir sur un titre, éviter l'année de trop: ce scénario présente des avantages pour lui. Surtout s'il bénéficie de la manne financière saoudienne.

Mais l'aspect financier ne semble pas être le seul à justifier la décision du coach marseillais. Dans un entretien à la radio RTL qui sera diffusé mercredi matin, Gerets a confirmé que les critiques émises par "RLD" mi-janvier dans l'Equipe ont pesé: "c'est l'actionnaire qui donne de l'argent, et s'il a envie de faire des déclarations comme il l'a fait, je dois l'accepter. Mais il doit aussi accepter qu'un homme a sa fierté", a notamment lancé Gerets, affirmant que Diouf était "dans une situation impossible" avec "un chef qui veut attendre la fin du championnat".

Gerets avaient déjà sèchement condamné à l'époque les propos de "RLD", qui avait fermement rappelé l'objectif de terminer dans les deux premiers, alors que l'OM était 4e.

Lundi encore, Gerets avait montré que sa rancune envers l'homme d'affaires était tenace. Même si le choix de "RLD", qui n'était pas étranger à la venue de Gerets à l'OM, était de prolonger l'entraîneur belge. Nul doute que le débat sur les responsabilités du départ de Gerets va désormais s'ouvrir.