"Cette page, il faut la tourner. Ce Mondial, il était temps qu'il s'arrête pour nous", a déclaré sur TF1 M. Escalettes qui parlait depuis Bloemfontein, alors que les Bleus ont terminé le tournoi à la dernière place du groupe A, avec un match nul et de deux défaites au compteur.

"Le piètre résultat sportif, un point sur neuf et pas une seule victoire, je retiens cela", a-t-il ajouté. Interrogé sur l'analyse qu'il faisait de ce fiasco, le président de la FFF a estimé qu'il fallait "faire un bilan sans complaisance" concernant ses causes.

Il a toutefois refusé de tirer des conclusions pour le moment, expliquant qu'il attendait la prochaine réunion du Conseil fédéral, prévue début juillet, pour cela. "Il n'y a pas le feu. On ne va pas prendre une décision d'ici demain qui serait regrettée, ridicule", a souligné le président, ajoutant: "Le président ne sera exempt de l'analyse, ni le conseil fédéral, ni le club France, ni l'entraîneur, ni les joueurs, ni le staff médical. Tout le monde sera sur la sellette et aura à donner des explications".

Concernant sa propre situation à la tête de la FFF, M. Escalettes a déclaré que "la démission d'un président est une décision personnelle". "Si j'étais mis en minorité par l'Assemblée fédérale, il n'y aurait pas à réfléchir. Ce n'est pas dans ma nature d'abandonner le navire en perdition", a-t-il poursuivi.

Revenant sur la grève de l'entraînement décrétée par les joueurs dimanche, au lendemain de l'exclusion de l'équipe de Nicolas Anelka, il s'est dit "meurtri" par ce qui s'est passé, jugeant que "le football français a fait honte à son pays".

"J'ai fait tout pour l'éviter. J'ai tout dit aux joueurs et je n'étais pas le seul. Je leur ai expliqué les dégâts, les dangers, l'avenir mais je n'ai pas été entendu", a regretté M. Escalettes.

"Je ne vais pas mettre tous les joueurs dans la responsabilité de cet évènements. Il y a à trouver, là aussi, quels sont les responsables", a-t-il prévenu. Anticipant l'avenir de l'équipe de France, il a souhaité que l'échec des Bleus en Afrique du Sud débouche sur "une reconstruction".

"Elle se fera autour de Laurent Blanc, de Jean-Louis Gasset, de l'équipe qu'il mettra en place avec nous, de la gouvernance qu'il voudra pour cette équipe de France", a-t-il détaillé. "J'ai confiance en Laurent. J'ai confiance dans la maîtrise de cette homme, grand joueur, grand entraîneur, mais je sais qu'il aura du pain sur la planche", a ajouté Jean-Pierre Escalettes.

"50 ans de valeurs écroulées"

Jean-Pierre Escalettes s'est dit bien plus consterné par "le psychodrame du week-end", avec lequel "50 ans de valeurs se sont écroulées", que par les résultats sportifs de l'équipe de France.

"Ce qui me consterne le plus, c'est le psychodrame de ce week-end, où 50 ans de valeurs se sont écroulées, j'ai pensé à ce moment là, devant cette honte, ce que le football avait provoqué, c'est grave, pour la France, les éducateurs, les bénévoles, les partenaires, les supporters, qui nous font confiance, c'est encore plus grave que les mauvais résultats sportifs", a expliqué M. Escalettes après l'élimination de l'équipe de France.

"Le football français a des bases solides, il y aura un nouvel encadrement, ce ne sera pas la même équipe, pas le même coach, il y aura un véritable changement: j'ai totalement confiance en Laurent Blanc pour reconstruire, la tâche sera difficile, mais il n'en a pas peur", a conclu le dirigeant.

Le week-end avait été marqué par la révélation dans L'Equipe des insultes lancées par Nicolas Anelka au sélectionneur à la mi-temps de France-Mexique, le renvoi du joueur, puis la grève à l'entraînement des joueurs en solidarité avec l'attaquant exclu.