SCLESSIN

Le premier cité n'a pas encore enfilé ses bottes de sept lieues mais il semble avoir dégagé la voie qui mène à une intéressante remontée au classement. Le second songe, déjà, à actionner les aérofreins pour prévenir une descente vers le bas du tableau.

Contre un Excelsior qui a raté son match, le Standard a mené à bien son retour au calme après l'euphorie un peu débridée qui salué la qualification à Bochum. Il a construit, parfois de manière intéressante, une victoire logique facilitée, sûrement, par la concrétisation de ses deux buts, juste avant et peu après le repos mais sa seconde période, notamment, a réveillé le public plongé dans une douce torpeur.

L'Excelsior a présenté un électrocardiogramme étonnamment plat. Il a opposé aux offensives bien plus vives et plus variées du Standard une réplique académique, appliquée certes, mais extrêmement mièvre, prévisible, sans caractère et presque sans âme.

«Runje a pu arrêter nos pâles essais au but avec... deux doigts», constatait, objectif et lucide, Philippe Saint-Jean qui n'avait pas apprécié le manque d'entregent de ses attaquants.

Face à cette pauvre réplique-là, le Standard n'a pas trop souffert de l'absence de Conceiçao, le nouveau animateur d'un jeu qu'il rend bien plus fouillé que précédemment. Il a nettement pris la mesure d'un Excelsior qui n'a jamais pu se transcender ni même se dépasser pour susciter l'illusion qu'il pouvait menacer cette équipe liégeoise là.

La première période, trop uniforme et disputée à un rythme peu soutenu, n'avait généré que deux occasions, impliquant, déjà, les deux attaquants liégeois, effectivement bien plus pugnaces que leurs collègues mouscronnois. À la 17e minute d'abord quand, dans un mouvement amorcé par Walasiak et poursuivi par Deflandre, Bangoura produisit un bel effort sur la droite avant de centrer pour Tchité dont le coup de tête fila au-dessus du but. À la 23e ensuite quand Bangoura s'engagea en force dans l'axe de la défense visiteuse mais se fit contrer in extremis par Teklak. L'Excelsior n'avait réagi qu'une seule fois, sur un centre de Grégoire que Dimbala ponctua d'un coup de tête brossé mais un peu trop croisé.

L'Excelsior aurait dû atteindre le repos sans dommage. C'était sans compter, dans les arrêts de jeu, sur un centre cisaillant de Deflandre au second montant. En lutte avec Te- klak, Bangoura profita de la manoeuvre de diversion opérée par Geraerts, qui avait, lui aussi, suivi l'action (1-0).

Le second but tomba très rapidement après le repos. L'Excelsior ne put dégager son camp après une très longue rentrée de touche d'Onyewu. Curbelo récupéra le ballon pour centrer avec précision sur la tête de Walasiak, qui fusilla sans rémission Vandendriessche (2-0).

Le match était, déjà, joué. L'Excelsior n'esquissa même pas une riposte. Le Standard ne relâcha pas son étreinte. Il fit apprécier, entre autres enseignements positifs, la complémentarité de plus en plus affirmée entre Onyewu et Dragutinovic, le travail de fourmi de Geraerts et l'entente, prometteuse, entre Tchité et Bangoura.

«On s'est beaucoup parlé, avec Sambegu, pour éviter de nous faire mutuellement de l'ombre», expliquait, enjoué, le premier cité.

Ils avaient été éloquents.

En extrême fin de match, l'Excelsior perdit encore Noukeu, expulsé bien sévèrement pour une faute qui ne paraissait ni évidente ni surtout intentionnelle.

Mouscron n'avait pas besoin de ce contretemps supplémentaire car il risque de devoir se préparer à vivre quelques semaines peut-être difficiles. «Il ne faudrait pas qu'on soit concerné par la lutte pour éviter la relégation avec des joueurs qui manquent encore d'expérience», s'inquiète Philippe Saint-Jean.

À juste titre, peut-être...

ses couleurs vers une troisième victoire de rang. (PHOTO NEWS)

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