La victoire (1-0) face à la Russie a, quelque peu, rassuré la presse espagnole. Celle-ci a néanmoins trouvé un sujet de polémique susceptible d'alimenter les débats des aficionados: Valeron, auteur du but victorieux à Faro, doit-il prendre la place du capitaine Raul? On le sait: l'attaquant du Real n'est pas au meilleur de sa forme. Assez décevant tout au long de la saison avec son club, il ne dégage pas la même vivacité qu'autrefois, mais, aux yeux du sélectionneur Inaki Saez, le meilleur buteur de l'histoire de l'équipe nationale espagnole reste, plus que jamais, incontournable. Et il sera encore, cet après-midi, à Porto, titulaire face à la Grèce. «On dirait que lorsque je ne marque pas, je joue mal. Ce n'est pas nécessairement vrai», plaide Raul qui ne compte jamais ses kilomètres sur un terrain.

Pour le match face aux surprenants Grecs, Saez ne va donc pas apporter de grands changements à son onze de base. «On va dire que je suis têtu, mais il ne me semble pas opportun de modifier, si vite, mes batteries. Je sais que je possède un noyau de 23 joueurs de très haut niveau, mais chaque chose en son temps», plaide le seleccionador qui garde en réserve des joueurs du niveau de Xavi, Luque ou Joaquin. Celui-ci devrait simplement préférer Xabi Alonso à Ruben Baraja au milieu et, surtout, Fernando Torres à Fernando Morientes en attaque. «Pour des raisons tactiques. Les Grecs sont solides physiquement en défense. Un joueur comme Torres, très mobile, pourrait leur poser davantage de problèmes que Morientes.»

L'équipe d'Espagne connaît bien son homologue hellène. Et pour cause: les deux équipes s'étaient retrouvées dans le même groupe éliminatoire de cet Euro. Si Casillas et ses camarades s'étaient imposés (0-2) à Athènes, ils avaient été battus (0-1), à la surprise générale, à Saragosse. Une défaite qui, à l'arrivée, avait obligé les troupes de Saez à disputer un match de barrage face à la Norvège pour obtenir leur billet pour le Portugal. «Cette défaite nous est restée au travers de la gorge, c'est certain; mais la Grèce est bien plus forte qu'on le croit. Elle l'a prouvé en gagnant, samedi dernier, face au Portugal. Lorsqu'elle marque la première, c'est une équipe très difficile à prendre en défaut», analyse Helguera. L'Espagne s'efforcera donc de marquer la première afin de mieux contrôler le jeu. «Tout n'a pas été parfait face à la Russie, notamment à la finition. Il nous a manqué un peu de sérénité, mais cette victoire dans le premier match était très importante mentalement. On va pouvoir jouer plus libéré», ajoute Saez.

Cet après-midi, les trois points sont quasiment indispensables aux Espagnols pour éviter toute mauvaise surprise lors du dernier match de poule face aux voisins portugais.

L'équipe d'Espagne sait qu'elle a un beau coup à jouer dans cet Euro. Elle n'a jamais eu, sans doute, un noyau aussi complet. Elle s'appuie sur une génération de joueurs très talentueux et très complémentaires, mais elle sait aussi que le plus dur est à venir. «Il ne sert à rien de tomber dans un excès d'optimisme. Nous n'avons joué qu'un match», avertit le défenseur Puyol, seul joueur du Barça titularisé. Un avis sage que partagent tous les observateurs...

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