L'élimination de l'équipe de France au premier tour de l'Euro 2008, mardi, et l'échec retentissant de la stratégie de son sélectionneur posent inévitablement la question du maintien ou pas de Raymond Domenech à la tête des Bleus. Interrogé sur la question à la fin du match perdu contre l'Italie (2-0), Domenech a répondu : "Je ne me pose pas la question, c'est un problème de politique. Cette équipe a de l'avenir, elle a un vrai projet, elle a des jeunes qui sont là, il y a quelque chose de vraiment intéressant à faire. C'est un problème politique, je ne me suis jamais inscrit dans autre chose que le sportif".

Le technicien est encore sous contrat avec la Fédération française de football (FFF) jusqu'en 2010 et reste lié à la Direction technique nationale par un contrat à durée indéterminée. Mais sa position risque d'être fragilisée par un fiasco qui rappelle celui du Mondial 2002. Roger Lemerre n'avait alors pas survécu à la déroute et avait dû céder sa place à Jacques Santini.

Jusqu'ici, le président de la FFF, Jean-Pierre Escalettes, n'a pas lâché publiquement son sélectionneur mais des candidats potentiels se sont déjà manifestés, à commencer par Didier Deschamps. L'ancien capitaine des champions du monde (1998) et d'Europe (2000) a affirmé, lundi dans les colonnes du Monde, que "ce serait pour (lui) une grande fierté de devenir un jour sélectionneur de l'équipe de France". Un clair appel du pied de la part de l'ex-leader des Bleus, actuellement sans club.

Deschamps peut se prévaloir d'une carrière de joueur exceptionnelle et d'une reconversion réussie au poste d'entraîneur, que ce soit à Monaco ou à la Juventus Turin. La nomination de Jean Tigana est également une possibilité. Candidat malheureux à la succession de Jacques Santini l'ancien membre du carré magique de l'équipe de France dans les années 1980 jouit du soutien de Michel Platini.