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Comme on le sait, la demi-finale retour de la Coupe d’Italie, remportée 0-1 par la Lazio Rome sur la pelouse de l’AC Milan, a été marquée, jeudi, par le comportement des supporters romains avant et pendant la rencontre.

“Honneur à Benito Mussolini”

Avant la rencontre, une banderole sur laquelle on pouvait lire “Honneur à Benito Mussolini” a été déployée dans le centre de Milan par un groupe d’une trentaine de personnes. La banderole était signée IRR, le sigle des “Irriducibili”, le principal groupe ultra de la Lazio Rome.

Selon les médias italiens, la Digos (Division des enquêtes générales et des opérations spéciales de la police de l’État) a identifié 22 personnes dont 19 supporters de la Lazio et 3 de l’Inter Milan.

La banderole a été déployée Piazzale Loreto, là où le cadavre du dictateur italien avait été exposé puis suspendu par les pieds en avril 1945. Cet incident est intervenu à la veille du 25 avril, la Journée de la Libération, date à laquelle l’Italie commémore la fin de la Seconde guerre mondiale et de l’occupation nazie.

Avant et pendant la rencontre, le joueur de l’AC Milan Tiémoué Bakayoko a été la cible de chants racistes à plusieurs reprises. L’ancien joueur de Monaco et Chelsea avait déjà été la cible du même chant (“Cette banane est pour Bakayoko”) lors d’un récent Lazio-Udinese au Stade Olympique de Rome.

Des “distances” certes mais rien de concret

La Lazio a réagi en condamnant le comportement de ses supporters mais aussi en attaquant les médias. “La S.S. Lazio prend nettement les distances avec les comportements et les manifestations qui ne correspondent en aucun cas aux valeurs du sport promues et soutenues par le club depuis 119 ans”, a écrit la Lazio dans un communiqué. “Elle rejette et conteste la tendance simpliste des médias à considérer l’ensemble des fans de la Lazio comme co-responsables des actes commis par quelques éléments isolés pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la passion du sport. Le club s’est toujours battu pour le respect de la légalité et des comportements corrects”.

Une très longue histoire de dérapages

Peut-être mais les fans de la Lazio sont de sérieux récidivistes. Le club, fondé en 1900, a débord eu de bons bourgeois pour supporters mais aujourd’hui, c’est l’AS Roma, crée en 1927 sous l’impulsion de...Mussolini qui draîne les supporters les mieux nantis ou en tout cas les plus “bobos”. La Lazio accueille un public moins policé et, hélas, en son sein, existent de vrais cinglés.

Le fait est que les “fans” de la Lazio accumulent les comportements scandaleux. Comme le rappelait le site Slate, lors d’un match contre Sassulo, nombre d’entre eux se sont mis a pousser des cris de singes à l’adresse de joueurs noirs de Sassuolo.

Ce sont eux, aussi, qui ont tapissé un virage du stade de Rome d’autocollants à effigie d’Anne Frank vêtue d’un maillot de...la Roma, l'ennemi juré. Histoire de rappeler, de façon honteuse, que, la communauté juive romaine est traditionnellement supportrice de l’AS Roma. En 1998 déjà, les ultras de la Lazio, avaient déroulé une banderole au contenu antisémite (“Auschwitz votre patrie, les fours vos maisons”) lors d’un derby.

L’affaire “Anne Franck” a eu beau provoquer un véritable tollé dans toute l’Italie, les fans de la Lazio ont continué à multiplier les frasques.

Chaque fois, les dirigeants s’excusent, rappelant que la plupart des supporters du club ne sont pas racistes, antisémites oufascistes. Mais les débordement perdurent, attribués aux “Irriducibili”, qui comptent pas mal de mineurs d’âge dans leurs rangs.

Paolo Di Cano, l’icône qui vénère le Duce

Certes, des “fachos”, il y en a aussi à Vérone et à l’Inter notamment mais la Lazio semble être le club italien le plus gangrené d’Italie. Et c’est dans ses rangs que figurait Paolo Di Canio, l’avant-centre qui, dans les années 2000, célébrait ses buts en faisant le salut fasciste devant le virage nord.

En son temps, l’international français Liam Thuram avait été approché par la direction de la Lazio. Il a refusé l’offre, avec ce commentaire: “Avant de jouer à la Lazio, un joueur de couleur doit réfléchir deux fois.”

En Italie, les faibles amendes infligées aux clubs de Serie A dont les supporters affichent des comportements racistes ou fascistes n’ont jamais dissuadé les supporters les plus “malades” de sortir des croix gammées dans les tribunes ou d’insulter des joueurs de couleur. Quand c’est le cas, aucun arbitre ne songe à arrêter le match.

Paolo Di Canio, qui exhibe des tatouages à la gloire du Duce, est, lui, devenu commentateur sur Sky, chaîne privée qui retransmet les matches du championnat italien.