Sportif talentueux, star montante du PSG, le footballeur Serge Aurier est depuis ce samedi soir cloué au pilori. La faute à une vidéo dans laquelle il insulte notamment son entraîneur, Laurent Blanc. Ou comment se tirer bêtement une balle dans le pied.

"Vous savez, en football, tout va très vite, je suis encore Parisien jusqu'à la fin de la saison" pour éviter de parler d'un futur transfert."On a pris les trois points, c'est le plus important", pour botter en touche après un match moyen. Dans les médias, la langue de bois est souvent légion chez les footballeurs et on s'ennuie, parfois, ferme.

Alors, lorsque les fans de football ont vu passer dans leur "timeline" Facebook, des articles de presse évoquant "La vidéo folle de Serge Aurier: Laurent Blanc est une fiotte", il a fallu se frotter les yeux et se pincer après avoir visionné, ahuri, la vidéo diffusée en direct sur Twitter via l'application Periscope.

Des images enregistrées samedi soir par un membre du forum "Jeuxvideo.com", sur lesquelles on peut voir le défenseur ivoirien du Paris-Saint-Germain dézinguer plusieurs membres de son équipe, pourrir le groupe à seulement trois jours d'un match en Ligue des Champions face au Chelsea d'Eden Hazard.

En clair, c'est comme si vous flinguiez plusieurs collègues et votre patron sur internet quelques heures avant de devoir conclure un des dossiers les plus importants de l'histoire de votre entreprise et de votre carrière. Vous l'aurez compris, ce n'est pas l'idée du siècle...

Petit florilège:

Zlatan Ibrahimovic: "Quand tu regardes ma gueule, tu penses qu'il peut me mettre la pression, lui ?"

Salvatore Sirigu (gardien italien du PSG): Il est "guez" (pour "merguez", qui signifie mauvais)

Laurent Blanc: "C'est une fiotte" (Sic)




Dans un monde où la communication et l'image priment, les clubs de football, les agents, ont bien évidemment compris l'intérêt de contrôler les dires de leurs poulains. 

Pas question de répéter les erreurs du passé, de revenir à l'époque où Cantona traitait le sélectionneur français Henri Michel de "sac à m..." en pleine conférence de presse.



Sur les réseaux sociaux, tout est aseptisé, ou presque. Il suffit de se pencher sur le compte Twitter du joueur parisien, pour se rendre compte qu'entre les câlins, les crises de rire et les selfies, on a l'impression que le vestiaire du PSG, c'est un peu comme si on était infiltré au pays des Bisounours...



Il y a une semaine, avant le match contre Marseille, Canal+ avait eu l'opportunité de suivre le Parisien dans le quartier où il a grandi, à Sevran en région parisienne. 

Dans ce documentaire, on ne pouvait avoir que du respect pour l'international ivoirien qui distribuait des maillots aux potes du quartier, faisait des photos avec les jeunes, promettait d'éponger la dette de son premier club. Une belle success-story saluée par tout le monde.




On en avait presque oublié qu'Aurier avait déjà dérapé sur les réseaux sociaux en insultant sur Facebook l'arbitre de la rencontre Chelsea-PSG l'an passé. "Ici c’est Paname, t’entends gros ! Ici c’est Paname. Hey l’arbitre sale fils de p…". 

Il avait dès lors été suspendu trois matchs par l’Union des associations européennes de football (UEFA). Une leçon qu'il n'a donc semble-t-il pas retenue. A part empêcher certains footballeurs de parler, leur donner des cours de communication, mettre un gars de la com' 24 heures sur 24 à leurs côtés (selon Libération, c'est le cas d'Aurier qui aurait un chaperon actuellement en vacances en Thaïlande...) ou installer un filtre parental sur leurs ordinateurs, on imagine mal de telles frasques ne pas se répéter.

Depuis la star parisienne s'est excusée admettant "une grosse connerie" au micro de beIN SPORTS, mais son avenir au PSG semble désormais incertain.

Ce mardi, au lieu de fouler la pelouse du Parc des Princes, il regardera d'ailleurs le match à la télé, puisqu'il a été mis à pied par Nasser Al-Khelaïfi, le président du club parisien. Un beau gâchis. Ou comment passer en une semaine d'une star respectée à un traître cloué au pilori en se tirant une balle dans le pied. 

Comme quoi, tout va très vite dans le football...