Cédric Roussel ressort de l'ombre.

Englué dans la vase de Sclessin, le pigeon voyageur du football belge a repris son vol pour la... douzième fois de sa carrière. Cette fois, cependant, il n'a pas eu besoin de migrer pour se poser dans son nouveau port d'attache: un seul coup d'ailes lui a permis de traverser notre petit pays d'est en ouest, de Liège à Waregem, pour atterrir au stade Arc en Ciel, le fief - en voie de rénovation - du dernier vainqueur de la Coupe nationale et révélation de la campagne 2005-2006.

Vendredi dernier, Cédric Roussel a signé avec Zulte-Waregem un contrat de deux saisons, assorti d'une option pour une troisième année. Il a donc renoncé au salaire mirobolant, à l'appartement luxueux et au 4x4 auxquels son contrat avec Rubin Kazan, son club d'appartenance, lui donne encore droit jusqu'en décembre 2007. Roussel l'avait rejoint, au départ du Racing Genk, en septembre 2004. Le buteur montois n'est cependant pas encore tout à fait waregemois, comme l'explique son manager, Daniel Striani: «Nous sommes sans la moindre nouvelle du club russe depuis plus d'un an. Rubin Kazan ne s'est jamais enquis de l'évolution de son joueur, ni auprès du Standard ni auprès de Cédric lui- même. Les trois courriers que nous lui avons adressés la semaine dernière sont restés sans réponse. À la décharge du club, je préciserai que le championnat russe est interrompu jusqu'au 12 juillet prochain et que le plus difficile, avec lui, est d'établir une connexion. Mais je ne suis pas inquiet: actuellement deuxième, après avoir terminé quatrième la saison précédente, Rubin Kazan se débrouille tellement bien sans Cédric que j'ai la nette impression qu'il l'a même gom- mé de sa mémoire.»

S'il avait voulu conserver Roussel, le Standard aurait dû lever une option fixée à 450.000 euros. Cédric Roussel se doutait bien qu'il allait devoir quitter Sclessin: «Il a beau avoir inscrit 22 buts en réserve, il est le seul attaquant à n'avoir plus jamais reçu une vraie chance depuis le mois d'octobre dernier, regrette son manager. Même des médians ont joué en attaque au Standard. Pourtant, Dieu sait si Cédric avait envie de rester longtemps dans ce club! Il est, heureusement, demeuré très professionnel: il s'est toujours pointé un des premiers à l'entraînement. Et il n'a jamais commis d'écart de langage.»

Cédric Roussel aurait pu rejoindre Dennis Van Wijk à Willem II: «C'était avant d'avoir écouté Francky Dury, s'extasie Daniel Striani. Jamais encore je n'avais noué des négociations d'une telle transparence. Je comprends mieux la raison pour laquelle Zulte-Waregem a atteint le niveau qui est le sien: il est géré de manière tellement méthodique qu'il s'érige en exemple dans notre football. Cédric n'est pas simplement tombé sous le charme de son nouvel entraîneur: Francky Dury l'a tout simplement subjugué! Mon joueur est tellement conquis qu'il m'a fait cet aveu: Si l'entraîneur me demandait de percer un mur avec ma tête, je le ferais!»

Mais Cédric Roussel a également rassuré son nouvel auditoire: «Je n'ai pas peur de remplacer Salou: le style d'Ibrahim et le mien sont similaires. À Genk, la première saison, j'avais contribué à faire oublier Wesley Sonck.»

Le Montois a hâte de relever ce nouveau défi...

le ciel de Sclessin, au plus grand dam de l'intéressé... (PHOTO NEWS)

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