Le Mali, poussé par son public, est la surprise du carré d’as de la Coupe d’Afrique des nations, où trois équipes qualifiées pour le Mondial-2002, le Cameroun, le Nigeria et le Sénégal, ont logiquement trouvé leur place en n’encaissant aucun but en quatre matches.

Les trois grands donnent le ton d’un tournoi où les défenses prennent le pas sur les attaques. Au total, 41 buts ont été marqués en 28 matches, soit 1,46 par rencontre, avant les demi-finales Sénégal-Nigeria et Cameroun-Mali jeudi.

S’ils n’encaissent pas de buts, les trois mondialistes n’en marquent pas beaucoup. Le Cameroun possède la meilleure attaque du tournoi (six buts soit 1,5 but par match, dans la moyenne générale) alors que le Sénégal (quatre buts) et le Nigeria (trois) assurent le service minimum.

Dans cette CAN-2002, gagner, c’est donc d’abord défendre. Le comportement du Sénégal en quart de finale contre la République démocratique du Congo a été révélateur de l’état d’esprit des favoris. Pour la première fois, les hommes de Bruno Metsu ont marqué en première période, après avoir gagné deux matches 1 à 0 dans les dix dernières minutes.

Ils ont alors laissé venir, avant de se mettre à l’abri sur un deuxième but d’El Hadji Diouf. «A 1-0, on laisse le jeu à l’adversaire», reconnaît Metsu, satisfait du registre défensif de son équipe.

La rencontre Sénégal-RD du Congo, émaillée par des mauvais gestes, a contrasté avec le fair-play en vigueur jusqu’à présent. Dans la confusion, le Congolais Alexis Tekumu a même reçu à la fin de cette 28e rencontre le premier carton rouge de la compétition. Les arbitres ont peut-être aussi fait preuve d’un peu de mansuétude.

Les Aiglons font mouche

Eliminée par le Mali (2-0), l’Afrique du Sud est le deuxième mondialiste qui ne confirme pas, après l’élimination de la Tunisie dès le premier tour. «Notre défaite ne va pas avoir de grande incidence sur notre préparation pour la Coupe du monde», estime un membre de la Fédération sud-africaine, Mohamed Mubarak.

Le Mali a réalisé la plus belle surprise même si les Aiglons sont évidemment portés par leur public. Qualifiés d’office, ils ne participent qu’à leur troisième phase finale de la CAN. Mais ils font chaque fois mouche après avoir été finaliste en 1972 et demi-finaliste en 1994.

Avec le Ghana, battu de peu par le Nigeria (1-0), le Mali affirme également les vertus de la formation à l’Africaine.

L’équipe de Henri Kasperczak aligne en effet plusieurs joueurs issus du centre Salif Keita de Bamako, comme Seydou Keita (Lorient/D1 française), chef de file de l’équipe qui a terminé troisième au Championnat du monde juniors au Nigeria en 1999.

De même, le Ghana a-t-il puisé dans les réserves de son équipe finaliste du Championnat du monde des moins de 20 ans en Argentine en juin dernier (Abdul Razak, Derek Boateng, John Mensah...).

L’échec de l’Egypte, battue (1-0) en quart de finale par le Cameroun, a confirmé les problèmes des trois pays maghrébins (Algérie, Tunisie et Maroc) éliminés dès le premier tour.

C’est la première fois depuis 1994 que le football arabe n’est pas représenté dans le carré d’as de la biennale du football africain.