Ce trophée ne me met aucune pression supplémentaire. Au contraire, il va me libérer l'esprit !"

Tels furent les propos tenus par Boussoufa pour expliquer de quelle manière il allait gérer l'après "Soulier d'Or".

Visiblement, l'international marocain avait vu juste : dimanche dernier, il a sans doute livré son meilleur match sous la vareuse anderlechtoise, délivrant trois "assists" et montrant le visage qui avait été le sien lors du second tour de la saison dernière avec Gand. "On savait que ce serait un déplacement très difficile, et nous l'avons très bien négocié "Dans les journaux, on a sans cesse répété que le Kiel attendait Boussoufa. Je ne suis pas du genre à me prendre la tête avec ça : j'ai joué mon match et nous avons su former un bloc très solide pour arracher les trois points. C'est tout ce qui comptait."

Faire abstraction du contexte émotionnel inhérent à toutes les rencontres est la recette miracle prônée par le Marocain pour évacuer toute forme de pression. "Je suis très sollicité, essentiellement pour des interviews, mais je vis tout cela très calmement. C'est fantastique d'avoir gagné le Soulier d'Or, mais, même avec le recul, je ne m'emballe pas avec tout ça. Heureusement, cela ne me distrait pas et j'arrive à me concentrer sur le foot. Quand je monte sur le terrain, il n'y a plus de récompense, plus de bla-bla : je pense au match et à rien d'autre."

La position de Boussoufa avait souvent fait débat durant le premier tour : privé de la liberté dont il jouissait à Gand, son rendement fut en dessous des attentes. Aujourd'hui, le petit Marocain s'accommode mieux de son nouveau rôle.

"Pourtant, je n'ai pas vraiment plus de liberté qu'au premier tour, constate le Soulier d'Or. Je suis généralement aligné sur la gauche et il me fallait tout simplement du temps pour trouver mes marques. Les automatismes ne s'acquièrent pas en claquant des doigts. Aujourd'hui, je me sens mieux car je comprends mieux mes tâches et je ne pose plus trop de questions."

Boussoufa a déjà montré qu'il était très polyvalent. Ce sera un atout important pour lui, d'autant plus que la concurrence vient de monter d'un cran avec l'arrivée de Baseggio. "Je vois le retour de Walter comme une très bonne chose pour le club. Il fallait un remplaçant pour Leiva, Walter n'est pas le moindre. Il connaît la maison et pourra nous apporter énormément durant ce second tour. Le noyau est plus riche, c'est un fait. Mais attention : avoir réalisé trois transferts ne nous offre aucune garantie. Tout le monde devra être rapidement compétitif : nous devrons décrocher le titre, tout en commençant à préparer la saison prochaine."

Boussoufa est déterminé : n'ayant plus la moindre place sur son étagère pour ses trophées individuels, il veut tout faire pour enfin décrocher un titre... collectif. Cela commencera par un succès ce soir face à Westerlo, à vingt-quatre heures d'un périlleux déplacement du leader genkois. Les Limbourgeois se rendront à Sclessin, face à un Standard en pleine forme.

© La Libre Belgique 2007