Le Sporting a enfin pétillé. Depuis qu'Herman Van Holsbeeck a affirmé que le résultat prédominerait sur la manière pour les dernières rencontres du championnat, dans l'optique d'un 29e titre, Anderlecht a trouvé le football que ses exigeants supporters attendent. Pourtant, les Mauves n'ont plus leur sort entre les mains puisque neuf succès pourraient ne pas s'avérer suffisants si le leader limbourgeois réalise le même parcours.

Dès lors, et c'est de bonne guerre, tous les actes comme toutes les paroles sont bons pour faire vaciller le rival direct. D'abord en empilant les buts mercredi pour porter une estocade psychologique, quitte même à jouer avec les pieds des Limbourgeois par quelques gestes osés ("moqueurs", dixit Vrancken). Ensuite, en répétant que "le Sporting a démontré qu'il était le meilleur" et "que Genk ne réalisera pas le sans-faute jusqu'au 19 mai".

Se persuadant que ce faux pas fut dicté par les impondérables, le Racing fait mine de ne pas être ébranlé. Il veut répondre sur le terrain de Mons mais quelle que soit l'attitude de Genk, Anderlecht ne peut pas se permettre de gaspiller des points contre Zulte-Waregem. "C'est surtout nous qui répondons sur le terrain", rétorque Franky Vercauteren aux plaintes de Vrancken sur l'attitude des Mauves mercredi. "Nous aurions pu aussi trouver à redire par rapport à leur attitude dimanche dernier. Personne n'en a parlé."

La confiance, elle, s'est emparée du groupe anderlechtois. Vercauteuren le sait mieux que quiconque : gare à l'euphorie. Après trois affrontements savoureux au sommet, où seul est venu s'intercaler un autre match alléchant contre Charleroi, recevoir Zulte-Waregem pourrait s'apparenter à un match avec moins d'enjeu... mais qui rapporte toujours trois unités. "L'entraîneur est là pour veiller à ce que ce danger ne s'empare pas du groupe, assure-t-il. A nous de confirmer, de montrer notre ambition et notre motivation et de ne rien laisser aller afin d'offrir à ce club et à ce public ce qu'il attend de nous." Soit le fameux cocktail résultat et manière "même si on peut parfois accepter un jeu de moindre qualité".

Les deux buts de Mémé Tchite en une demi-heure mercredi prouvent son retour en forme après sa blessure. Problème de luxe ? Le deuxième meilleur buteur du championnat peut-il patienter longtemps sur le banc ? "Qui dit qu'on va le garder sur la touche ? L'important est-il que Tchite joue ou qu'Anderlecht gagne ? Et puis, je répète que je n'ai pas de titulaires mais des gars importants. Si on m'offre cinq attaquants de classe, je serai heureux vous savez. Dans une équipe, il y a quelques gars fixes. Des phénomènes capables de prester 60 à 70 matches par saison et pour lesquels il y a un couac lorsqu'ils ont un problème. Les autres tournent."

Et Frutos monte en puissance. "Mais il peut mieux. Il n'est pas encore à son niveau de la saison dernière où, à un moment, il était vraiment très fort. C'est plus qu'un buteur. C'est quelqu'un capable de mieux faire jouer les autres."

© La Libre Belgique 2007