Analyse

Le décompte des jours se fera bientôt en heures. Mais alors que le mercato hivernal fermera ses portes le 31 janvier, les bouffées de stress commencent ici et là à s’accumuler. Car en dépit du grand jeu d’import-export observé à Bruges (les derniers jours ayant encore amené le départ de Zimling et l’arrivée d’Adu) ou au Beerschot, beaucoup de dossiers restent pour l’heure embourbés dans des conflits d’egos, d’intérêts ou dans de simples quiproquos.

Symbole fort de ces dossiers compliqués, le cas de Junior Malanda (Zulte Waregem) attend toujours son épilogue alors que les premières offres déposées sur la table des dirigeants flamands étaient pourtant datées du début décembre. Le Club de Bruges s’était alors dit disposé à mettre 2,5 millions pour l’une des révélations du début de saison avant de faire monter son offre à près de 4 millions et demi au cours des premiers jours de janvier. Dans l’intervalle, l’Udinese mais surtout Fulham avaient toutefois fait acte de candidature et déposé à l’entrée de Zulte Waregem des offres oscillant entre 3,5 et 5 millions d’euros. Près d’un mois plus tard, le dossier n’est pourtant toujours pas réglé. Comme bien d’autres (Habibou, Biglia, Van Damme, Reynaldo, Kanu, Canesin ), Junior Malanda ignorait donc encore hier de quoi son avenir serait fait.

Des conflits d’intérêts

A Zulte, chacun sait pourtant que le dossier de Malanda se réglera à la façon du transfert de Kevin De Bruyne. Soit au terme d’un marathon totalement hallucinant aboutissant au passage de l’ancien Genkois à Chelsea au soir du 31 janvier.

Car, les intérêts et les sommes en jeu sont désormais trop importants pour que les différents intervenants du dossier puissent aujourd’hui se permettre de faire échouer le dossier. Arrivées au bout du mercato, un sursaut de bon sens poussera toutes les parties à préserver l’essentiel quitte à laisser tomber certains intérêts particuliers. La direction de Zulte Waregem avait ainsi fait barrage jusqu’à ces derniers jours à l’idée d’offrir une commission à la famille d’un joueur sur le montant du transfert. La somme en question restant dérisoire eu égard au coût total de la transaction, la sagesse l’aura finalement emporté.

Mais si la question des montants et des enjeux financiers reste bien souvent la pierre d’achoppement dans ces dossiers compliqués (le cas de Biglia et de la fameuse clause de départ à huit millions placée dans son contrat l’aura suffisamment prouvé), d’autres problèmes viennent aussi se mêler. En commençant par les desiderata des joueurs autrefois évacués.

Le cliché du footballeur "bétail" semble en effet avoir trouvé sa date de péremption au cours des dernières années. Plus question aujourd’hui pour un Reynaldo d’être transféré dans un autre club de Belgique sous le simple prétexte que le Sporting d’Anderlecht souhaite s’en débarrasser (l’offre du Lierse aura d’ailleurs été balayée). Plus question non plus pour certains jeunes Anderlechtois d’être envoyés en division 2 néerlandaise pour un prêt souvent synonyme d’enterrement avancé.

Aidés par des agents de mieux en mieux renseignés sur leurs droits, les joueurs préfèrent aujourd’hui freiner des quatre fers devant certaines solutions avancées. Avant de céder bien souvent au dernier soir de janvier. Les dernières batailles ne font que commencer.