On ne l’avait plus entendu depuis le titre du Club Bruges. Après la rencontre, Besnik Hasi a quitté le Jan Breydelstadion sans parler à la presse. "Mais ce n’était pas de ma faute", intervient-il. "Quand je me suis présenté pour les interviews TV, il n’y avait personne. Tous les journalistes couraient derrière les Brugeois. Moi, j’étais disponible."

Trois jours après le succès blauw en zwart , on a retrouvé le coach anderlechtois à Neerpede, à la veille du déplacement à Genk. Plus froid qu’à l’habitude et, quelques fois, cynique façon Ariël Jacobs en fin de parcours, il n’avait visiblement pas encore digéré l’affront de dimanche.

Comment analysez-vous cette déroute à Bruges ?

C’est fini ce match, non ? On est ici pour parler de Genk.

Vous ne voulez pas revenir sur ce match ?

Tout a été dit, je pense.

Peut-on quand même vous demander si vous avez vécu le jour le plus noir de votre carrière à Bruges ?

C’était très dur. Vraiment très dur mais j’ai connu beaucoup de choses très dures dans ma vie (NdlR : il fait référence à la guerre en ex-Yougoslavie) .

Avez-vous réussi à remobiliser l’équipe pour les deux derniers matches ?

Oui, j’ai retrouvé une équipe qui avait envie d’aller de l’avant et qui vivait. Les joueurs étaient très déçus quand je les ai revus lundi mais on a tout fait pour améliorer l’atmosphère. Il faut encore prendre un point pour s’assurer de la deuxième place.

La deuxième place, ce n’est pas assez pour les dirigeants d’Anderlecht. Avez-vous l’impression d’avoir échoué ?

On fera le bilan quand le championnat sera fini.

En cas de deuxième place, estimez-vous quand même avoir réalisé une saison satisfaisante ?

Oui, je pense bien. Deuxième en championnat et en huitièmes de finale de la Ligue Europa aussi. Mais c’est mon avis.

Qu’est-ce qui a fait qu’Anderlecht a loupé le titre cette saison ?

Vous voulez vraiment déjà faire le bilan, hein ?

Tournons la question autrement : les joueurs vous ont-ils lâché cette saison ?

Beaucoup de joueurs ont fait beaucoup pour l’équipe et il y a aussi eu beaucoup de blessés. On a perdu trois gars sur les ligaments croisés, c’est énorme. Sur les flancs, on a perdu beaucoup de joueurs. Il y avait aussi beaucoup de joueurs qui avaient un transfert en tête.

Pendant les playoffs ?

Non, avant ça, pendant la Coupe d’Europe. En playoffs, on était bien partis mais on a perdu beaucoup lors du match à Roulers contre Ostende.

Dernière question : estimez-vous que Bruges a mérité son titre ?

Oui. Quand tu finis en tête, tu as toujours mérité ton titre.