Le capitaine Eden Hazard est enfin revenu à 100 % après ses blessures : sa saison ne fait quasiment que commencer.

À la veille d’un match international, les conférences de presse deviennent plus sérieuses, plus solennelles. C’est le coach et le capitaine côte à côte; plus question d’individualiser les entretiens comme le reste de la semaine. Sauf que celui qui porte le brassard chez les Diables s’appelle désormais Eden Hazard. Et avec lui derrière une volée de micros, c’est comme sur la pelouse : on s’amuse en règle générale. Ce fut le cas vendredi et on espère y voir un bon signe pour l’Euro.

Bonjour capitaine.

"Ah, ça s’est une belle introduction. (Il se tourne vers Pierre Cornez, l’attaché de presse qui venait de dire qu’on pouvait poser nos questions à Eden Hazard) Pourquoi tu n’as pas dit capitaine Eden Hazard, toi ? (Pierre Cornez reprend le micro : "On est ici avec Marc Wilmots et le capitaine, Eden Hazard.") "Aaah, là c’est mieux."

Le brassard est important pour vous, Eden ?

"C’est une grande fierté. Je l’ai déjà porté quelques fois avec les Diables mais, cette fois, ce sera dans une grande compétition. Je vais essayer de représenter notre pays au mieux."

Comment fait-on pour bien le représenter ?

"Je veux montrer l’exemple sur et en dehors du terrain. Surtout aux plus jeunes, même si je fais toujours partie des plus jeunes du groupe. Ça me tient à cœur de montrer à tout le monde que je sais faire ça."

Serez-vous un capitaine capable de crier quand il le faudra ?

"Je peux prendre la parole de temps en temps mais vous me connaissez, je ne suis pas quelqu’un qui parle beaucoup. Je m’exprime plus sur le terrain."

Le brassard ne va-t-il pas ajouter de la pression sur vos épaules ?

"Non, du tout. Une fois que le match commence, j’oublie le brassard. Capitaine ou pas, je donne le maximum."

On a le sentiment que votre saison commence à peine.

"Oui, ce n’est pas faux. On connaît tous la mauvaise saison que j’ai faite. On ne va pas revenir sur ça encore une fois. Maintenant, c’est terminé. Ça fait un mois que je suis bien et j’ai d’ailleurs bien fini la saison avec Chelsea."

On a carrément l’impression que, depuis l’élimination en C1 de Chelsea, vous avez commencé à préparer cet Euro.

"Le dernier match où j’ai tout donné, c’était effectivement contre le PSG en Ligue des Champions. Après, je me suis blessé et la saison s’est terminée pour Chelsea. J’ai donc pris mon temps pour revenir à 100 %. Et là, je le suis. J’en ai profité pour souffler un peu."

Il y a longtemps qu’on n’a plus vu un Eden Hazard à 100 %, non ?

"C’est vrai. Je n’ai pas commencé la saison à 100 %. J’avais des petites blessures à droite, à gauche. Maintenant, ça va beaucoup mieux."

Ça tombe bien car vous serez attendu à l’Euro.

"Oui, je sais. J’espère devenir l’un des meilleurs joueurs de cet Euro . Mais il n’y a pas que moi qui serai attendu, ce sera le cas de toute l’équipe vu notre potentiel."

La défense donne des tracas quand même, non ?

"Perdre le leader et le capitaine, ce n’est jamais simple. C’est pareil pour les Français avec Varane. Mais même sans Vincent (Kompany), on a beaucoup de qualités. Même si certains doivent se sacrifier pour aider en défense, on est prêt à le faire. Même moi, je veux bien jouer en défense mais je ne sais pas si le coach sera d’accord (sourire) . Plus sérieusement, on n’est pas inquiet."

La Belgique reste donc un des favoris de l’Euro ?

"Non, on n’est pas favori. Y a la France qui joue à domicile et y a l’Espagne et l’Allemagne. Nous, on est juste en dessous mais on va tout faire pour se mettre au plus haut niveau."

Ça commencera par un match contre l’Italie de Conte, votre futur coach à Chelsea.

"On en a un peu parlé lors d’une discussion il y a deux mois. On s’est juste dit qu’on se serrerait la main après le match et il m’a souhaité bonne chance (sourire) ."

Il veut en tout cas absolument vous avoir à Chelsea.

"Vous voulez savoir si je reste à Chelsea ? Oui je reste, pour l’instant."

À 100 % ou à 99 % comme le disait votre équipier Thibaut Courtois la veille ?

"On n’est jamais sûr à 100 % dans le monde du foot. Je ne vais pas vous dire : ‘ Oui, je reste à 100 % et puis m’en aller ’. Ce ne serait pas cool pour vous (rires) . Je n’ai pas envie de partir par la petite porte. Je voudrais bien finir à Chelsea. Pour répondre à la question, on va dire 99 %, comme Thibaut. Ce qui est certain, c’est que je suis à 100 % focalisé sur l’ Euro ."

Dernière question : on vous a vu tacler votre fils dans une vidéo qui a fait le buzz. Vous le préparez pour la Premier League ?

"Non (rires) . Il n’est pas prêt. Lui, il veut juste jouer avec son papa."