La France a conservé son titre. Elle a battu, hier soir en finale de la Coupe des Confédérations, le Cameroun: 1-0, but en or inscrit par Thierry Henry au cours de la première prolongation. Une fois le ballon transformé en but, l'attaquant d'Arsenal dédia sa réalisation à Marc-Vivien Foé, le milieu de terrain des Lion indomptables disparu tragiquement lors des demi-finales. Le coeur d'Henry battait pour ce Lion, mort l'autre soir...

L'émotion fut d'ailleurs perceptible dès la montée sur la pelouse de l'équipe camerounaise pour son échauffement, une heure avant le début du match. Les Lions indomptables apparurent tous habillés d'un maillot vert n°17, estampillé Foé. Le même que celui que portait leur partenaire le soir de sa mort. Supporters africains et... français leur réservèrent une chaleureuse ovation. Joseph Blatter, qui avait plaidé pour que se dispute cette finale malgré le deuil, rendit visite aux joueurs dans les vestiaires, pour les remercier d'avoir accepté de s'aligner. «La présence de Mme Foé et du frère du joueur prouve qu'ils veulent que la finale soit disputée», assura le président de la Fifa. On sait que les Camerounais hésitèrent à se présenter au Stade de France. Blatter ainsi que Roger Milla, joueur emblématique de la sélection africain et membre de l'encadrement, réussirent à les faire jouer.

Avant le match, les Lions indomptables entrèrent sur le terrain avec une immense photo de Marc-Vivien Foe, portée par le capitaine Rigobert Song, aidé par le capitaine français Marcel Desailly. Les vingt-deux acteurs se tenaient la main, un brassard noir ceinturant leur biceps. Tous réunis dans le rond central, ils respectèrent une minute de silence, intense. Dans les tribunes, on dénombrait de nombreux signes en la mémoire de Foé. Sur le banc camerounais, entraîneurs et remplaçants gardèrent le maillot de l'ancien milieu de terrain de Manchester City. Sur le terrain, le match n'atteignit jamais les sommets, mais les champions africains se créèrent les meilleures occasions: Barthez détournant magistralement une volée de Idrissou peu avant le mi-temps, et, en seconde période, Eto'O, entré au jeu, ratant sa reprise alors qu'il était seul au petit rectangle. Etonnant Eto'O, qui, la veille, avait disputé et remporté la Coupe d'Espagne avec Majorque, marquant deux des trois buts de son équipe, dédiés à Foé, et qui était rentré en France dans la nuit.

Au terme des nonante minutes réglementaires, les Camerounais, physiquement plus affûtés, auraient sans doute mérité la victoire. Mais les prolongations furent nécessaires. Ironie du destin, cette finale si particulière se joua au but en or, vulgairement appelé mort subite... Accompagnés de la photo de Foé, les Camerounais reçurent leur médaille d'argent. Dans la tribune officielle, Marie-Louise fonda en larmes. Une nouvelle fois. Quand Desailly brandit le trophée, il demanda à Song de l'accompagner...

Samedi, la Turquie avait raflé la troisième place du tournoi, en battant la Colombie 2-1.

© Les Sports 2003