GENTBRUGGE Frédéric Herpoel est un exemple pour beaucoup de joueurs. Professionnel jusqu'au bout des ongles, talentueux, sympathique. Discret aussi: il travaille sans relâche dans l'ombre et n'aime pas faire de vagues autour de sa personne. Pour lui, une sélection en équipe nationale, c'est un honneur qui ne se refuse pas.

«Par respect pour tous ces jeunes qui rêvent d'un jour être appelés à défendre les couleurs de leur pays», avait expliqué le gardien de La Gantoise en novembre, à la veille de Belgique-Serbie-et-Monténégro. À l'époque, il n'était déjà pas très heureux: il n'avait été rappelé que suite à un forfait de Tristan Peersman, et c'était le talentueux mais inexpérimenté Silvio Proto qui l'avait sauté de justesse pour la titularisation...

Aujourd'hui, c'est encore une question de respect qui pousse Frédéric Herpoel à virer de bord: «J'estime me retrouver dans l'impossibilité de répondre sereinement à une convocation du coach fédéral eu égard au climat actuel de la situation. Je suis victime d'un manque manifeste de respect et de confiance de l'entraîneur à mon égard.» Avant de donner un exemple, révélateur: «Aimé Anthuenis déclare dans la presse qu'il aura un gros problème si Silvio Proto ne joue pas à Anderlecht... C'est la goutte qui a fait déborder le vase. Un sélectionneur fédéral ne déclare pas de telles choses. C'est un manque de respect.»

Pour éviter la polémique, une fois encore, le gardien buffalo avait appelé Aimé Anthuenis à deux reprises avant que le sélectionneur fédéral publie sa sélection. Pour lui exposer la situation, pour qu'il ne le sélectionne pas. C'est dire si, aujourd'hui, il vit des moments difficiles. Il s'est d'ailleurs empressé d'ajouter: «Je tiens à préciser que cette décision n'est pas définitive. Il s'agit d'un retrait temporaire suite à un contexte particulier. Mais malgré mes coups de téléphone, il m'a sélectionné. Je ne pouvais plus faire autrement que de refuser.»

Le comité exécutif de l'Union belge a réagi à ce refus de Frédéric Herpoel, via un communiqué officiel: «Le comité exécutif de l'Union belge de football a pris connaissance vendredi de la décision de Frédéric Herpoel et regrette que le joueur refuse sa sélection en équipe nationale. Il laisse tomber l'équipe nationale au cours d'une des plus importantes périodes pour les Diables Rouges. Par ailleurs, le comité exécutif rejette les insinuations de Herpoel à l'adresse du coach fédéral et n'est pas d'accord avec l'affirmation que le coach fédéral manque de respect à Frédéric Herpoel.»

Frédéric Herpoel «laisse tomber l'équipe nationale au cours d'une des plus importantes périodes». Une phrase très certainement difficile à entendre pour le gardien de 31 ans qui estime: «J'ai toujours mis un point d'honneur tant au niveau du club de La Gantoise que de l'équipe nationale à m'investir totalement dans ce sport qui constitue mon métier et ma vie.» Et de conclure avec une grosse touche d'ironie: «Tout d'un coup, je suis important.»

Aimé Anthuenis, lui, n'a pas tenu à réagir. Le coach fédéral publiera un texte et des explications aujour- d'hui après l'entraînement de l'équi- pe nationale. Frédéric Herpoel, lui, a prévu une conférence de presse mardi, entre deux entraînements... à Gand.

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