Sur le court N.8, le droitier de Norwich, 23 ans, s'est battu jusqu'au bout contre Joachim Gérard, 4e mondial, 32 ans, revenant de 6-4, 4-0 et sauvant six balles de match dans le troisième set avant de s'incliner.

"C'est dur à avaler", a confié Alfie Hewett après sa défaite. "J'ai tout fait pour me remettre dans ce match. Je ne trouvais pas le rythme et à un moment donné, je voulais à tout prix éviter de prendre 6-0, 6-0. Je pense qu'il a même eu des balles pour mener 5-0 (une, ndlr) Je voulais prendre au moins un jeu, car c'était embarrassant. Et puis, j'ai pensé à en prendre un deuxième, me disant 'on ne sait jamais'. Jo a commencé à se crisper quelque peu et cela a fini par devenir un match de tennis. Je crois que j'ai même eu des occasions de faire le break au milieu du troisième set. Et à l'arrivée, cela s'est joué sur deux ou trois points".

Alfie Hewett, cela dit, tenait aussi à reconnaître les mérites de Joachim Gérard, qu'il avait battu en finale à Roland Garros, à l'automne dernier, dans un match où il était passé par le chat de l'aiguille, revenant de 3-1, 0-40 dans le dernier set pour s'imposer 6-4, 4-6, 6-3.

"J'aurais pu gagner plus souvent mon service, vu le pourcentage de premières balles que j'ai passées (68%, contre 64% au Belge), mais il a très bien retourné. Il était très agressif", a ajouté le Britannique. "Jo est sur le circuit depuis tellement longtemps. Il était désespéré à l'idée de gagner enfin son premier titre en Grand Chelem. Et je peux comprendre ce que cela représente pour lui. Félicitations. Il mérite sa victoire. Il a réussi à conclure en servant très bien dans le dernier jeu. Je ne pouvais pas faire grand-chose. J'ai sauvé plusieurs balles de match, mais cela n'a pas suffi".

Joachim Gérard a dans un coin de sa tête l'or des Jeux Paralympiques de Tokyo

'The monkey is finally of his back', comme disent les Australiens. En remportant enfin, son premier titre, du Grand Chelem en simple. Joachim Gérard (ITF 4) a vu un immense poids tomber de ses épaulesen jouant contre celui qui l'avait privé d'une victoire à Roland Garros à l'automne dernier, il espère désormais qu'il réussira à continuer sur sa lancée.

"Il est clair que cette victoire va me donner de la confiance", a expliqué Joachim Gérard. "Beaucoup de personnes me disaient: 'Tu vas en gagner un'. Je ne savais pas quand, je ne savais si ce serait celui-ci, mais je savais que je finirais par y arriver. Maintenant, je ne veux pas être trop confiant. Je veux devenir numér 1 un jour et pour y parvenir, il faudra gagner plus qu'un Grand Chelem. Et pas qu'un Grand Chelem. Il y a aussi les tournois Super Series. Maintenant, ce ne sera pas facile. Il ne faudra pas être trop confiant, parce qu'Alfie sera là, Shingo (le Japonais Kunieda, numéro 1 mondial) aussi, et les autres. Ils voudront tous ma peau."

L'année 2021 sera aussi celles des Jeux Paralympiques, à Tokyo. Joachim Gérard a déjà remporté une médaille à ce niveau, en bronze à Rio en 2016.

"Cette médaille d'or est dans un coin de ma tête, bien sûr. Et je vais tout faire pour la ramener à la maison", a ajouté Joachim Gérard qui avait aussi une pensée pour son ancien coach, Marc Grandjean, décédé il y a près de deux ans. "Il est dans mon cœur et c'est aussi la raison pour laquelle cette victoire représente beaucoup".