Neuf ans après l’autre grande star de arbitrage international de ces 20 dernières années, le divin chauve italien Pierluigi Collina, c’est l’Anglais Howard Webb qui range son sifflet d’or, à l’âge de 43 ans.

Né le 14 juillet 1971, à Rotherham, il est devenu arbitre international en 2005, l’année où Collina prenait sa retaite.

Sergent de la South Yorkshire Police, Howar Webb a découvert la Premier League en 1998, comme juge de touche, avant de devenir arbitre central en 2003. Au total, il aura officié pendant plus de 500 rencontres.

Deux finales en deux mois

Il a dirigé le Community Shield en 2005 puis son premier match international le 15 novembre. C’était Irlande du Nord-Portugal. Le 25 septembre 2006, il arbitre son premier match de Ligue des champions, entre le Steaua Bucarest et l’Olympique lyonnais.

Un an plus tard exactement, il officie lors de la finale de la Carling Cup.

Il a représenté l’Angleterre lors des Euros 2008 et 2012 et mené les débats lors de la finale de la Ligue des champions 2010, entre l’Inter de Milan et le Bayern de Munich (2-0), au stade Santiago Bernabéu de Madrid.

Ce fut lui aussi qui tenait le sifflet lors de la très rugueuse finale de la Coupe du Monde 2010, en Afrique du sud. Il dut faire face à l’agressivité des Néerlandais, opposés ce soir-là à l’Espagne, victorieuse 1-0. Il sortit 14 cartons jaunes et 1 rouge. Sa prestation fut critiquée par de nombreux observateurs mais avec le temps, ceux-ci reconnurent que leurs propos avaient été excessifs et que, tous comptes faits, Webb avait été plutôt bon dans ses décisions.

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Cela ne l’empêcha en tout cas pas d’être fait membre de l’Ordre de l’Empire britannique le 31 décembre 2010 pour services rendus au football.

Présent au Brésil, en juin 2014, il se signala aussi le 17 mars 2012, lors d’un quart de finale de la coupe d’Angleterre opposant Tottenham à Bolton. L’un des joueurs, Fabrice Muamba, fut victime d’un malaise cardiaque pendant la rencontre. Il doit sans doute beaucoup à Webb qui arrêta aussitôt celle-ci se rendant compte de la gravité des faits

Le deuxième plus beau métier du monde

Dans une interview au “Matin”, il avait un jour déclaré qu’arbitre “est le deuxième plus beau métier du monde, après joueur”.

Il avait rappelé que son père était arbitre et qu’enfant, il avait été saisi par le virus du football mais du jeu bien plus que de l’arbitrage. “A 17 ans, même si les arbitres m’apparaissaient comme de vieux messieurs quelconques, j’ai réalisé que je ne deviendrais jamais un joueur professionnel. Je me suis donc dit: pourquoi pas arbitre?”.

Le reste a suivi. Mais le trac ne l’a jamais quitté. “Chaque match est resté un défi”, disait-il. “ Je pense que maintenir un haut niveau de performance sur la durée représente le défi ultime pour chaque sportif. C’est ainsi que j’aborde mon métier”.

Selon lui, tous les arbitres ont une hantise: influencer le résultat d’un match injustement. C’est ce que Webb a essayé de ne jamais faire.

Ouvert d’esprit

L’homme était (et demeure) très ouvert. Il a tenu un blog et a accepté qu’un documentaire soit tourné sur lui et son équipe de juges de ligne. Un documentaire qui a fait le tour du monde et a montré toute la complexité du métier.

Il a toujours plaidé pour que le monde de l’arbitrage s’ouvre davantage, meilleure façon, disait-il, pour que le public connaisse ce boulot délicat et le comprenne.

Il n’était pas hostile au recours à des caméras pour vérifier qu’un ballon a ou non franchi la ligne de but mais était plus réticent à d’autres innovations, au motif qu’elles pourraient altérer la cohérence du jeu.

Deux divins chauves

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C’est, en tout état de cause, certainement l’arbitre phare de la décennie 2005-2014 qui s’en va comme Collina fut celui des dix années précédentes.

Les deux hommes présentaient plusieurs points communs. Chauves tous les deux, ils n’avaient peur de personne, pas même des divas du football mondial. Avec sa silhouette et son regard d’oiseau de proie, Collina était sans doute plus intimidant que son confrère britannique mais celui-ci ne s’en laissait pas davantage conter.

Collina a décroché un doctorat en économie à l’Université de Bologne et était sans doute plus “intello” que Webb mais les deux savaient faire preuve de psychologie sur les terrains de foot. Et de beaucoup d’intelligence en dehors.