Le Standard a écopé de deux matches à huis clos, dont un avec sursis jusque mars 2017, à la suite des incidents survenus à Charleroi en octobre dernier.

128 jours, 19 heures et 26 minutes après le coup d’envoi de la rencontre du 25 octobre 2015 entre Charleroi et le Standard, émaillée par plusieurs jets de pétards et une interruption temporaire de la rencontre, la commission des litiges d’appel a enfin rendu son verdict. L’instance a suivi la demande du Parquet en "révoquant le sursis accordé au Standard le 10 février 2015", à la suite du Tifo Defour , et a condamné le club liégeois à jouer un match à bureaux fermés dans ses installations. Cette sanction est assortie d’un nouveau sursis, qui court jusqu’au 1er mars 2017.

La demande de Charleroi de récupérer les trois points n’a pas été acceptée car il n’y a pas de preuve "réelle" que le club carolo ait été privé d’une chance de remporter le match. Sportivement, si cette décision n’a aucun impact sur le classement (les deux clubs wallons restent, respectivement, 7e et 8e), elle pose plusieurs questions.

Quand la rencontre à huis clos pourrait-elle être jouée ?

En pratique, il est impossible que le huis clos soit déjà effectif samedi soir, pour la réception de Genk par le Standard. Le délai est trop court pour permettre au club liégeois d’organiser correctement ce match à bureaux fermés. "Il est vrai que nous sommes encore dans l’incertitude quant à la date exacte", expliquait Pierre Locht, le directeur juridique du club liégeois. " Mais il est inconcevable que le huis clos ait lieu samedi. Car il risquerait d’y avoir des incidents à l’extérieur du stade."

L’hypothèse la plus probable voudrait donc que ce match ait lieu au début des playoffs 1 (ou 2…), ce qui permettrait, qui plus est, au club liégeois de déduire le prix du ticket de cette rencontre de son mini-abonnement pour les playoffs et de ne pas devoir rembourser ses supporters…

Le Standard peut-il encore aller en appel de cette décision ?

Théoriquement, oui. Même si, comme le précise Pierre Locht, "la décision rendue ce mardi l’était déjà en degré d’appel".

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Les trois options du Standard

1. Le club liégeois pourrait alors être tenté de se tourner vers la commission d’évocation. Les manières de saisir cette dernière sont limitées : une violation du règlement doit être invoquée. Selon le Standard, il semblerait en effet que tout, au sein de la procédure, n’ait pas été fait dans les règles. Cependant, l’évocation n’est pas suspensive, comme le cas Dossevi l’a mis en évidence il y a quelques semaines et pourrait donc donner lieu à une décision... ultérieure à laquelle le match à huis clos sera joué.

2. Le Standard pourrait également, s’il est débouté en évocation, se tourner vers la Cour belge d’arbitrage pour le sport (CBAS), instance indépendante qui ne peut être soulevée que lorsque les procédures internes à l’URBSFA ont été épuisées. Ce ne serait pas une première : en 2014, le club avait déjà été condamné à un huis clos effectif, par la commission des litiges, à la suite des incidents survenus lors de la rencontre du 19 octobre 2014 face à Zulte Waregem. Mais la CBAS avait estimé que les incidents qui avaient eu lieu ne requéraient pas un match à huis clos. Et le Standard s’en était tiré avec une simple amende.

3. Dernier recours : sortir du cadre de l’Union belge et se tourner vers la justice civile, tout en sachant que cela pourrait coûter aux Liégeois une exclusion de la Pro League

Pour l’heure , le club principautaire n’a pas encore décidé quelles suites donner à sa sanction.

"Nous nous laissons le temps de lire la manière dont la décision est motivée pour nous positionner", a néanmoins fait savoir Pierre Locht.

Le match n’est peut-être pas encore fini...

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Quel manque à gagner pour le Standard ?

Si le Standard devait se résoudre à devoir organiser un match à huis clos, cela équivaudrait évidemment à une perte d’argent pour le club liégeois.

Si cette dernière est difficilement estimable au niveau comptable, une rencontre à huis clos constituerait un manque à gagner à plusieurs niveaux.

Jouer une rencontre sans ses supporters équivaut à une recette nulle : le club ne percevrait pas les rentrées liées au ticketing, mais il serait également privé des recettes engendrées par les loges VIP, la boutique et les points de restauration répartis à l’intérieur et autour du stade…

A contrario , ne pas jouer à domicile permettrait également au club principautaire de ne pas débourser de frais liés à la sécurité (police, stewards…). Mais ces derniers sont ridicules en comparaison à la recette perdue.

Au niveau du sponsoring, cela ne devrait, par ailleurs, pas avoir d’impact pour le Standard. Car, quoiqu’il arrive, la rencontre sera télévisée (et risque logiquement d’attirer une audience supérieure à la normale, si les abonnés habituels se regroupent devant leurs écrans) et les partenaires bénéficieront de leur visibilité habituelle sur la panneautique de Sclessin.

Le dernier huis clos à Sclessin ? En… 1952

Rares sont les fois où le Standard a joué sans ses supporters à domicile.

Pour retrouver trace d’un pareil événement, il faut se replonger loin dans les archives.

Le 17 février 1952, alors qu’il occupait une peu envieuse 15e place au soir de la 21e journée (sur 30), le Standard recevait le Racing Malines.

Alors que le marquoir affichait 2-4 et que les Liégeois étaient réduits à dix, suite à l’exclusion de Fernand Blaise, des centaines de spectateurs envahissaient le terrain, obligeant l’arbitre à arrêter la rencontre.

L’Union belge prononçait alors le forfait (0-5) et infligea au Standard un match à huis clos.

Quinze jours plus tard, le 9 mars 1952, les Liégeois recevaient le Daring de Bruxelles, devant des tribunes vides. Seuls quelques supporters, qui avaient escaladé le terril, d’où la pelouse était visible, ont pu suivre le jeu.

Pour la petite histoire, le Standard s’était imposé sur le score de 3-0, avant d’assurer son maintien dans les semaines suivantes…