Pour les plus jeunes supporters, le nom d’Hippolyte Van den Bosch ne doit pas dire grand-chose. Et pour cause, ce vénérable Anderlechtois fêtera ses 84 printemps à la fin de ce mois. Il ne gambade donc plus sur les pelouses Par contre, il le fit avec beaucoup de bonheur au siècle dernier.

Cet attaquant (meilleur buteur de la D1 en 1954 avec 29 réalisations) est le dernier survivant de l’équipe anderlechtoise qui décrocha ses premiers écussons nationaux en 1947.

"Un véritable événement, parce que le Sporting avait, pendant près d’un demi-siècle, fait régulièrement l’ascenseur entre l’élite et la D2", rappelle, toujours très vert, notre interlocuteur. "Des souvenirs précis de ce premier sacre, je n’en ai plus trop. Sauf que nous avions été reçus à la Maison communale et que nous étions revenus à pied au stade à travers une haie de supporters. À l’époque, le foot ne bénéficiait pas de la même médiatisation. De radio et encore moins de TV, il n’était question. Et la place réservée au sport dans les journaux était congrue."

Bruxellois de naissance (Laeken), la famille Van den Bosch s’installa six ans plus tard à Anderlecht. "C’est lorsque je jouais dans le parc avec l’école que j’ai été repéré par les responsables du Sporting. A l’époque, on signait à vie. A 17 ans, en fin de saison 43, j’ai reçu ma chance en équipe première. J’y suis resté cinq ans avant de quitter le Parc Astrid pour le White Star; j’avais été vexé de n’avoir été aligné lors du dernier match alors que j’avais disputé les 29 précédents. Après deux campagnes chez les Etoilés, la direction anderlechtoise m’a racheté."

"Polyte" y disputa cinq nouvelles campagnes sous la vareuse mauve. Et malgré des crochets par Alost et Izegem comme joueur, l’Olympic et encore Alost comme entraîneur, il passa le reste de son existence jusqu’à 75 ans à l’ombre de Saint Guidon (il y habite toujours !).

Son palmarès recèle quatre titres de champion comme joueur, huit sélections chez les Diables (trois buts et une participation au Mondial 54 en Suisse). En 1972, il prit le relais de Kessler à la tête de l’équipe première comme entraîneur et il remporta la Coupe de Belgique. Entraîneur chez les jeunes puis recruteur, il découvrit et/ou forma notamment François Vander Elst, Enzo Scifo et Stéphane Demol.

Comme acteur puis aujourd’hui spectateur (fan), il assista aux trente sacres de son club. Un exploit à lui seul !

Ce supporter ne reste pas insensible aux talents du jeune Romelu Lukaku.

"Romelu Lukaku ? Même s’il devra confirmer dès la saison prochaine, je pense qu’il va aller très loin, parce qu’il a réellement 16 ans ! Dans le passé, on m’a souvent présenté des joueurs dont l’âge réel ne correspondait pas à celui indiqué sur les papiers "

M. Van den Bosch est sous le charme de la nouvelle perle anderlechtoise, même s’il préfère voir des garçons comme Boussoufa et Biglia à l’œuvre - "le genre d’éléments techniques qui allient rapidité, endurance et vitesse d’exécution, la marque de fabrique de la maison mauve ". Mais aucun d’eux n’arrive au niveau d’un Jef Mermans. "Le plus grand centre-avant qu’Anderlecht a jamais eu dans ses rangs. Même si les époques sont difficilement comparables et qu’il choisissait ses matches Le seul qui s’en est rapproché fut Erwin Vandenbergh !"