Bienvenue dans le Blankenberge japonais. Oita, ses plages, ses sources chaudes (près de 3.750, elles chauffent même les appartements!), ses parcs d'attractions, ses deux parcs nationaux, ses montagnes remplies de singes sauvages et ses douze millions de touristes. Quand on aura précisé que la préfecture est culturellement très riche vu l'influence portugaise depuis la Renaissance et industriellement développée dans les faubourgs, au point d'être jumelé avec les Texans d'Austin, vous aurez compris pourquoi on appelle Oita le Toyo-No-Kuni, autrement dit, pour ceux qui ne pratiquent le japonais couramment, le Pays de l'Abondance.

C'est ici que la Coupe du Monde des Diables Rouges va prendre, quoi qu'il arrive, un tournant décisif, en fin de matinée. Comme Robert Waseige l'a dit depuis le début de la semaine, "il faut battre la Tunisie pour participer aux huitièmes de finale". La ligne est fixée, le plat commandé, reste à le manger. Et quels seront les acteurs qui dégusteront, on l'espère, cette première victoire belge en Coupe du Monde depuis le 25 juin 1994 - une éternité! - face aux Pays-Bas, à Orlando?

Mystère et boule de gomme. Le sélectionneur national, on le sait, a pris l'habitude de ne plus communiquer son équipe avant le jour de match, ni aux journalistes, ni à ses joueurs. Hier, les uns et les autres étaient perplexes, à l'issue du dernier entraînement, même si le prochain entraîneur du Standard a répété clairement ses choix. "Je ne comprends pas pourquoi le fait de jouer avec deux médians défensifs et en même temps une double occupation des flancs vous semble bizarre. Beaucoup d'équipes agissent de la sorte." C'est vrai, mais elles évoluent alors avec un seul attaquant de pointe, or Waseige dit vouloir garder son traditionnel 4-4-2 (même s'il était un peu tiré par les cheveux, la semaine passée, à Saitama...). Autrement dit, plusieurs hypothèses sont possibles.

La défense. A ce niveau, la situation est plus ou moins claire. Avec Van Kerckhoven encore blessé, Van der Heyden va poursuivre son rêve de gamin alors que le seul doute concerne l'axe central où De Boeck, rétabli, semble partir avec une longueur d'avance sur Van Meir.

L'entrejeu. En confirmant la présence de Vanderhaeghe auprès de Simons, Waseige semble pousser Walem hors du onze de base. Goor est intouchable à gauche. De l'autre côté, Mbo Mpenza apporterait de la vitesse, Vermant de la créativité et... Verheyen de la puissance et de l'expérience. Dans ce dernier cas de figure, Wesley Sonck recevrait la chance de prouver qu'il n'est pas fatigué après sa saison magique.

Quoi qu'il en soit, et même si une rencontre face à la Tunisie est bien moins médiatique qu'un match d'ouverture contre le Japon à Saitama, la pression sera beaucoup plus forte sur Marc Wilmots et ses équipiers. Car cette fois, plus que jamais, ils endosseront la vareuse de favori. La Tunisie, empêtrée dans ses problèmes de sélection et de sélectionneurs, a pataugé durant toute la préparation et aussi lors du premier match. Les Africains n'ont marqué qu'une seule fois lors de leurs neuf sorties officielles, ils n'ont jamais battu un adversaire européen en phase finale de Coupe du Monde (deux nuls et deux défaites) et la Belgique n'a jamais perdu son deuxième match du Mondial lors de ses cinq dernières participations (quatre victoires et un nul). Autrement dit, les statistiques, la tradition, les pronostics et la logique sont tous de notre côté. Espérons qu'ils ne deviennent pas des fardeaux trop lourds à porter.