ENTRETIEN

Alain Courtois, directeur général du Sporting d'Anderlecht a vécu ce Belgique-Russie en tant qu'invité à la cellule multimédia de lalibre.be. Arrivé confiant mais un peu stressé, il est reparti le sourire aux lèvres...

Alain Courtois, comme tous les Belges, vous avez vécu ce match intensément. Que vous inspire ce match ponctué d'une qualification pour les 1/8 de finale ?

Tout d'abord cela fait du bien. Un bien fou même vu les circonstances ! Le football belge avait besoin de cette victoire car il était attendu au tournant par une certaine presse mais aussi par une certaine partie du grand public. La Belgique a été déstabilisée qu'on le veuille ou non. Comme en '94 ou en '98 mais encore plus cette année. Cette victoire donne des couleurs au moment où le sport en a le plus besoin.

Les pouvoirs publics doivent prendre le train en marge et profiter de ces résultats pour faire réellement quelque chose pour la situation du sport en Belgique. Il faut une récompense. Sinon sur le plan purement sportif, je retiens la prestation de Walem qui cloue le bec à ses détracteurs. Et puis celle de Vanderhaeghe évidemment... Mais qu'est-ce qu'on a souffert ! Le Brésil est l'adversaire de rêve. On a aucune chance ? Eh bien justement....

Vous étiez présent au Japon pour le premier match des Diables Rouges. Une belle expérience ?

Au niveau de l'organisation, sauf le problème des tickets qui n'intéresseront pas trop les Belges, un mot me vient à l'esprit: la propreté. Je n'ai jamais vu ça dans un pays. Les Japonais ont un circuit de travail étonnant où ils ont conservé tous les petits boulots.

Sportivement, on avait enterré trop vite le Japon alors que ce pays répond présent. Je dis toujours qu'on joue au football comme la culture du pays. Les Brésiliens c'est la samba pendant nonantes minutes et les Japonais c'est banzaï à l'abordage. Nous, c'est plutôt l'esprit de résistance qui nous caractérise.

Vous lirez la presse néerlandophone ce samedi matin ?

Sûrement ! Et avec plaisir ! Ce qui m'étonne dans tout cela c'est la réelle animosité personnelle. C'est très grave.

Tout le monde fait et doit faire son travail et tout le monde fait des erreurs. Cependant cela ne justifie en rien ce qu'il se passe. Il faut toujours raison garder ! Ce qui manifestement n'est pas le cas.

S'ils voulaient rentrer chez nous, ils devront encore patienter.

En tout cas je suis curieux de voir ce que certains journalistes vont écrire...

© Les Sports 2002