MONS Quand, à la trente-troisième minute de jeu, Aliyu Datti trompait Mark Volders pour la seconde fois de l'après-midi, il ne faisait pratiquement plus de doute que les Montois allaient tranquillement voguer vers leur premier succès de la saison.

Trop tranquillement? Probablement car Herman Helleputte n'hésita pas une seule seconde à transformer une équipe lymphatique en un Beveren plus conforme aux prévisions. La recette du coach waeslandien? Retirer un médian surnuméraire pour introduire un attaquant gonflé à l'hélium.

Ce changement tactique allait considérablement perturber des Montois qui, jusqu'alors, avaient inscrit deux buts pratiquement en marchant. À chaque fois, Datti avait fort bien exploité les services de Saïd -magnifique volée croisée du Nigérian - et de Babatunde - plat du pied imparable - pour placer Mons dans les conditions idéales en vue du repos.

Une faute anodine à une vingtaine de mètres de la cage de Van De Putte allait alors permettre à un Romaric jusque-là très effacé de justifier sa présence sur la pelouse du Tondreau. Tout comme trois jours plus tôt, contre Vaduz, l'attaquant ivoirien sortait le meilleur coup de son ample répertoire. Ce coup franc, le dernier rempart de l'Albert le craignait car il réquisitionna un maximum de joueurs pour former son mur mais le ballon expédié par Romaric allait contourner l'obstacle avant de venir mourir dans le petit filet droit d'un Van De Putte littéralement crucifié.

Trois Belges à Beveren!

Avant ce goal de toute beauté, Mons avait gâché la balle du K.-O. définitif puisque Babatunde ne parvenait pas à cadrer son envoi alors que le compère d'attaque de Datti se trouvait en position idéale.

En seconde période, il ne faudra pas attendre trop longtemps pour comprendre que Beveren avait retrouvé sa verve africaine. Eboué, monté en ligne, passait dans un trou de souris - en fait entre Saïd et Behi - pour rétablir une parité que les Waeslandiens justifieront tout au long d'une seconde mi-temps qu'ils domineront largement. Le jeu en une touche de balle de Beveren -qui alignait trois Belges, l'effet Anthuenis? - allait plus d'une fois bousculer une équipe montoise proche de la rupture, notamment quand Vleminckx offrait littéralement la balle du 2-3 à Romaric mais la conclusion devait certainement paraître trop facile à l'artiste ivoirien qui manquait le rendez-vous avec la balle placée à cinq mètres de la ligne fatidique.

Pendant le dernier quart d'heure, les Montois laisseront moins d'espaces à leurs adversaires, gagneront plus de duels et, forcément, ramèneront le jeu dans les parages de Volders qui ne connaîtra qu'une seule frayeur mais Babatunde manquera, une fois de plus, la cible.

que lui avait procuré l'ancien attaquant du Standard... (BELGA)

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