BRUGES L'Albert Elisabeth Club n'a réussi qu'une seule prouesse, samedi soir, sur la pelouse du leader du championnat: lui inscrire un but - le second, seulement, encaissé par le champion d'automne en huit sorties à domicile. Il l'a fait par l'entremise de Rozehnal, le maillon faible, provisoire, de la défense du Club, qui a concédé un coup de réparation évitable alors que la victoire de son équipe était déjà scellée.

Pas vraiment gourmand, le Club l'avait entérinée un peu plus tard que le dimanche précédent mais de la même manière que contre Mouscron: par un coup de réparation converti par son capitaine Simons.

Cette sanction suprême, indiscutable - Suray avait enlacé Balaban à l'entrée du rectangle -, engendra une autre funeste conséquence pour Mons: l'expulsion - injustifiée- du coupable.

Réduits à dix après dix-huit minutes et menés au score, les Montois ne nourrissaient déjà plus aucun espoir de menacer un Club appliqué tout au long de la rencontre mais qui n'a haussé le rythme qu'en seconde période.

Même si son organisation, cohérente, a forcément pâti de la sortie prématurée de son capitaine, ce Mons-là a surtout justifié dans la Venise du Nord sa... position au classement. Tout au long d'une partie à sens unique - les visiteurs n'ont pas forcé le moindre coup de coin -, les Hennuyers ont couru après le ballon. En bon ordre. C'est quand ils le récupéraient que leurs potentialités se révélaient: que de mauvaises transmissions, quel manque d'assurance technique collectif! Sans les arrêts réflexes d'un brillant Willocx, le score eût vite pris de plus amples proportions. «J'ai dénombré treize occasions franches mais je n'ai comptabilisé que trois buts: c'est insuffisant!» déplorait Trond Sollied. À Bruges, Simons a régné en maître, Englebert et Ceh ont fait jouer leurs partenaires et Lange aurait mérité d'inscrire un ou deux buts.

Monopolisant d'emblée le ballon, les Brugeois avaient d'abord réglé leur mire: dès la 2e minute, un coup franc de Ceh avait frôlé le montant. À la 11e, puis à la 13e, deux reprises de Lange avaient filé de peu à côté. À la 18e, Simons avait converti son coup de réparation (1-0). À la 31e, Willockx avait sorti un joli save sur un double envoi de Simons et de Balaban avant de repousser, du pied, à la 35e, la reprise de Ceh, puis d'empêcher Van der Heyden de ponctuer une infiltration.

Le Club serra son jeu dès le début de la reprise. À la 61e, Ceh alerta Verheyen qui, dans le rectangle, confirma qu'il s'érigeait décidément, cette saison, en pourvoyeur attitré d'Englebert (2-0). L'ailier droit brugeois allait être récompensé de son altruisme: cinq minutes plus tard, Englebert croisa pour Van der Heyden qui centra. Dos au but, Verhe- yen récupéra le ballon en deux temps, se retourna et aggrava le score (3-0).

La prestation du Club n'avait certes pas frôlé l'exhibition mais une bonne dose d'agressivité supplémentaire, qui avait insufflé plus d'ampleur à ses mouvements d'approche, avait réduit davantage encore les Montois à l'état de spectateurs. À la 78e minute toutefois, juste à l'intérieur de la ligne latérale du rectangle, Rozenhal, en lutte avec Datti, commit une faute de main et de coude. Goussé sauva l'honneur des siens (3-1).

Et Willockx se distingua encore...

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