Après avoir entendu les parties concernées vendredi, le parquet de la fédération belge de football (URBSFA) a réclamé à la commission des litiges que le Standard dispute une rencontre à huis-clos suite aux incidents ayant perturbé le match à Charleroi (12e journée).

Les Rouches doivent également faire face à une amende de 5.000 euros. La date de la décision n'est pas encore fixée.

En février 2015, le Standard avait déjà été condamné à un match à huis-clos avec sursis suite à la banderole représentant la décapitation de Steven Defour lors de la venue d'Anderlecht la saison précédente.

Sur base du rapport de l'arbitre, le parquet demande que cette peine avec sursis soit mise à exécution. "Malheureusement, nous nous sommes à nouveau réunis à cause de l'attitude des supporters", a expliqué le procureur fédéral Gilles Blondeau. "On a dénombré dans le passé de nombreux incidents pour justifier la demande du parquet. Le Standard éprouve clairement du mal à tenir ses supporters en mains. Il est regrettable que la majorité des supporters soient les victimes des agissements d'un petit groupe."

Le 25 octobre, la rencontre Charleroi-Standard (2-3) a été interrompue à deux reprises par l'arbitre Luc Wouters à cause du comportement des supporters rouches coupables d'avoir lancé des fumigènes en direction du gardien carolo Penneteau. La rencontre a également été stoppée en raison du manque de visibilité créé par le jet de feux de Bengale. Après le coup de sufflet final, les fans des Zèbres ont lancé des objets en direction du joueur du Standard Jelle Van Damme, qui était à l'interview.

Devant la commission des litiges, le parquet a mis en garde les deux clubs pour le mauvais comportement de leurs supporters. Dans la foulée, Charleroi avait déposé une plainte auprès de l'URBSFA parce qu'il estimait que le Standard avait été avantagé par les actions de ses fans. Menés 2-1, les Rouches ont renversé la situation en leur faveur après l'arrêt forcé grâce à des buts de Van Damme et Emond.


Charleroi demande que le score de forfait soit appliqué

Vendredi devant la commission des litiges de la fédération belge (URBSFA), le Sporting de Charleroi a demandé que le score de forfait soit appliqué à la rencontre face au Standard émaillée par des incidents. "Ou au moins que la rencontre soit rejouée", a ajouté Jean-Philippe Mayence, l'avocat des Zèbres.

"Le Standard a remporté la rencontre grâce au comportement agressif de ses supporters. C'est de la falsification de la compétition, qui ne peut en aucune façon être justifiée. Ce serait légitime de n'octroyer aucun point au Standard", a plaidé Mayence. "Sur le troisième but du Standard, le gardien Penneteau a été à la faute parce qu'il se sentait en insécurité et il ne s'est pas concentré sur son match".

Charleroi critique également l'attitude du Standard dans l'ensemble de l'affaire. "Après la rencontre, on a fait l'éloge des supporters, qui avaient gagné le match pour leur club grâce à leur soutien agressif", a déclaré Mayence. "Je vous demande de faire ce que vous avez à faire. Ce comportement agressif ne peut pas avoir lieu et cela doit être clair pour tous les supporters. La décision prise par ce comité constitue un tournant. Que doit dire Charleroi à ses supporters s'il n'y a pas de sanction? Vous créeriez un dangereux précédent."

Le gardien de Charleroi Nicolas Penneteau a été entendu comme témoin. "Jamais auparavant je ne m'étais senti en danger mais lors de cette rencontre, j'ai vraiement eu peur", a prétendu le Français. "Ils ont d"abord lancé des briquets en ma direction et puis des fumigènes. Heureusement, j'ai vu le deuxième pétard arrivé et j'ai pu l'éviter. Les partisans du Standard derrière mon but aussi tout le temps crié qu'ils allaient lancer des fumigènes. Du coup, j'ai été plus préoccupé par ma sécurité et je n'étais plus concentré sur la rencontre."


Le Standard comprend la frustration de Charleroi

Le Standard risque un match à huis-clos suite au comportement de ses supporters lors du match à Charleroi. "Nous savons qu'il y a des problèmes avec nos supporters mais nous y travaillons", a avancé le directeur juridique Pierre Locht vendredi devant la commission des litiges.

"Ces derniers mois, nous avons pris de nombreuses mesures pour assurer la sécurité. Pendant cette période, aucun club n'a délivré plus d'interdictions de stade aux supporters que le Standard", a affirmé Locht. "Nous travaillons en étroite collaboration avec les autorités afin de sanctionner les cas de manière individuelle. Et contrairement à ce que prétend Charleroi, nous n'avons jamais trouvé que l'attitude de nos supporters avait été positive."

En plus d'une réclamation de la fédération, la commission des litiges doit également statuer sur une plainte de Charleroi pour falsification de compétition. "Je comprends la frustration de Charleroi, mais ne peux pas comprendre la raison pour laquelle ils veulent rendre cette affaire plus grande qu'elle ne l'est. Pourquoi devrait-on maintenant prendre d'autres mesures (rejouer le match, score de forfait) alors qu'il y a déjà eu des cas similaires dans le passé? Du coup, on créerait un dangereux précédent", a prétendu Locht, qui a également souligné les incidents impliquant des supporters de Charleroi.

En partance pour les Etats-Unis, Jelle Van Damme a été pris pour cible par les supporters de Charleroi pendant qu'il était à l'interview. "D'abord, j'ai été bombardé de briquets avant de recevoir une bouteille d'eau à la tête", a déclaré Van Damme à la commission. L'arrière gauche voit toutefois une évolution dans le comportement des supporters du Standard. "Depuis l'arrivée du président Venanzi, il y a une nette amélioration."

Selon Christian Hanon, le responsable de la sécurité du Standard, le club a pris toutes les mesures de sécurité possibles. "La police liégeoise a également fouillé nos supporters. Mais si nos fans savent qu'il est interdit d'amener des fumigènes, ils savent aussi comment les dissimuler. Outre la prévention via les médias sociaux, nous avons pris de nombreuses sanctions ces derniers temps. Tout le monde fait son possible pour éviter de tels incidents".