Le préfet de police Bernard Boucault, dont la droite a demandé le limogeage, et le ministre de l'Intérieur Manuel Valls ont été la cible des attaques mardi sur les responsabilités des violences qui ont émaillé la remise du trophée de champion de France au Paris SG.

Au lendemain des incidents, qui ont fait 32 blessés et entraîné l'interpellation de 39 personnes dont 38 placées en garde à vue, la présentation du trophée au public programmée mercredi sur l'esplanade de l'Hôtel de ville a été annulée.

"Toute manifestation publique, dans l'espace public, dans les heures qui viennent autour du Paris Saint-Germain n'est évidemment pas possible", a déclaré sur Europe 1 Manuel Valls, appelant à des "sanctions exemplaires".

Le ministre de l'Intérieur, selon lequel "les coupables sont les casseurs", s'est trouvé au centre des attaques de la droite, aux côtés du préfet de Police de Paris Bernard Boucault, dont le limogeage a été demandé par le président de l'UMP Jean-François Copé.

"Si le ministre de l'Intérieur ne tire pas immédiatement les conséquences des débordements de lundi soir en démettant le préfet de police, c'est alors Manuel Valls lui-même qui sera en première ligne pour en assumer la responsabilité", a averti l'ex-ministre UMP dans un entretien au Figaro, mis en ligne sur le site du quotidien.

"Si le préfet n'est pas démis, oui, la question du départ de Manuel Valls sera posée", a-t-il poursuivi. L'UMP a exigé une commission d'enquête à l'Assemblée.

L'ancien Premier ministre François Fillon a demandé quant à lui, sur son compte twitter, au président François Hollande de "sanctionner sans délai les responsables du fiasco".

Lundi soir, deux syndicats de police, Alliance (second syndicat de gardiens de la paix) et Synergie (second syndicat d'officiers), avaient estimé que l'ampleur de la cérémonie avait été sous-estimée, notamment au vu d'incidents survenus la nuit précédente sur les Champs-Elysées après la victoire du PSG à Lyon, synonyme de titre.

Thiriez "assume"

Le Préfet de Police avait répliqué en défendant le dispositif mis en place, avec le déploiement de 800 policiers, tout en s'interrogant sur la pertinence d'organiser la cérémonie au Trocadéro. "La question qu'il fallait se poser: est-ce que cette fête devait avoir lieu sur la voie publique? Vous voulez faire une fête de 15.000 personnes avec 10.000 policiers autour?", a-t-il demandé lundi soir.

Organisatrice de la manifestation aux côtés du Paris SG, la Ligue de football professionnel a répondu mardi en milieu d'après-midi. "J'assume, bien évidemment, ma part de responsabilité dans ce fiasco, puisque j'avais donné mon accord pour que le trophée soit remis, non dans l'enceinte du Parc des Princes, mais en ville, afin d'en faire profiter tous les Parisiens, qui attendaient un titre depuis 19 ans", a expliqué son président Frédéric Thiriez dans un communiqué.

Le PSG avait déploré lundi soir "une fête gâchée par quelques centaines de casseurs". "Le Paris Saint-Germain est plus que jamais déterminé à poursuivre son projet de bâtir un grand club européen digne de la capitale, très loin des agissements de ceux qui veulent détruire son rêve", avait indiqué le club.

Les différentes parties (Paris SG, LFP, Ville de Paris, Préfecture de Police et Division nationale contre le hooliganisme) devaient se retrouver mardi en fin d'après-midi (17h00) au ministère de l'Intérieur pour "une réunion avec l'ensemble des acteurs impliqués dans la sécurité du football parisien".

Les violents incidents avaient débuté vers 18h00 lundi, avant l'arrivée des joueurs sur la place du Trocadéro, où un podium, avec en toile de fond la Tour Eiffel, avait été dressé pour la remise du Trophée de champion de France, que le Paris SG n'avait plus remporté depuis 1994.

Peu après, pendant que les joueurs en costume recevaient leur trophée en quatrième vitesse, les perturbateurs ont déployé une banderole "Liberté pour les ultras", en référence à la politique de sécurisation du Parc des Princes mise en place il y a trois ans par le précédent président du PSG Robin Leproux (2009-2011), en réaction à de nombreux débordements.

Les affrontements se sont poursuivis dans la soirée, notamment en contrebas du Trocadéro, où un autocar de touristes a été pillé, ainsi que sur les Champs-Elysées, où le calme n'est revenu qu'après minuit.

Devant l'ampleur des incidents, le club et son parraineur Nike ont annulé "pour raisons de sécurité" la mini-croisière que devaient faire des joueurs sur la Seine pour présenter leur trophée aux supporteurs massés sur les berges.