Plan A, plan B, voilà tout le dilemme des villes-candidates à l’accueil de rencontres de la Coupe du monde 2018. Car pour, l’heure, la Belgique accuse un retard immense en matière d’infrastructures sportives. Vétusté, exiguïté, aucune enceinte belge ne répond encore aux normes de la Fifa et si le Mondial venait à tomber dans l’escarcelle des “plats pays”, le chantier serait titanesque. La facture également. Elle pourrait dépasser le milliard d’euros.

Côté bruxellois, le débat sur la localisation du stade national a créé de nombreuses polémiques. Rénovation/reconstruction du stade Roi Baudouin ou déplacement sur le site de Schaerbeek formation, sis la gare du même nom ? La position officielle est désormais claire, comme le confirme Nicolas Dassonville, porte-parole du bourgmestre de la capitale, Freddy Thielemans. “Le nœud du problème se situe dans la dépollution du site de Schaerbeek formation. Le calendrier prévu par la SNCB prévoit une échéance trop lointaine pour être prêt en 2018. Ou plutôt fin 2016, car la Fifa exige désormais que les stades soient homologués plus d’un an avant la compétition. Donc, d’après l’accord conclu il y a plus d’un an, si la Belgique est désignée par la Fifa, on s’engage à rénover ou reconstruire le “Heyzel”, mais si 2018 tombe à l’eau, Schaerbeek formation sera préconisé .” D’après le porte-parole, le site de Schaerbeek présente de nombreux avantages comme l’absence de riverains, l’espace disponible ou les voies d’accès. Dès lors, n’y aurait-il pas moyen de revoir ce calendrier de la SNCB pour le raccourcir ? “ La décision appartient au fédéral, qui a tranché , précise Nicolas Dassonville. Le dossier bruxellois est complexe puisque la ville, la région et l’état fédéral sont parties prenantes à toutes les décisions. ” Cependant, il faut noter qu’Alain Courtois n’a pas fait une croix sur un mariage “Schaerbeek-Mondial”.

Au sud du pays, seules deux villes sont en lice et leur situation est diamétralement opposée. Chacune des constructions sera soutenue à hauteur de 10 millions d’euros par la Région wallonne. D’un côté Liège, où la Région et le Standard s’impliqueront dans l’agrandissement du stade de Sclessin. De l’autre, Charleroi, où le gouffre financier de la “Porte des Sports” à Marchienne-au-Pont, mis en lumière il y a peu, laisse l’évolution des installations sportives au pays noir dans le flou le plus total.

A Liège, Sclessin aura de toute façon droit à son lifting, les notions de plan A ou B ne tournant qu’autour de la capacité totale du stade. A Charleroi par contre, il n’y a plus de notion de plan. Avant-hier, le bourgmestre, Jean-Jacques Viseur, n’a d’ailleurs pas levé le voile sur les nombreux doutes, évoquant, en cas d’attribution du Mondial 2018 à la Belgique, de “grands projets” réalisables via des fonds privés et publics qui se débloqueraient naturellement. Dans le cas contraire, une concertation sera nécessaire entre la Région, la ville, la Spaque (Société publique d’aide à la qualité de l’environnement) et le Port autonome, qui possède le site où doit naître cette fameuse “Porte des Sports”. Mais nous l’avions évoqué dans nos colonnes il y a peu, le ministre wallon des Sports, André Antoine et son homologue des Travaux publics, Benoît Lutgen, avaient fustigé le projet pour son coût exorbitant. 50 millions d’euros pour la dépollution du site selon ces derniers alors que la Spaque, elle, tablait sur 17 millions…

Au nord du pays, chaque enceinte disposera d’une enveloppe de 50 millions d’euros. Gand fait figure de premier de classe avec son stade Artevelde, déjà en construction. Pour ce qui est de Genk (agrandissement du stade existant), Bruges et Anvers (nouveaux stades), la décision prise à Zurich ce jeudi influencera directement l’importance des aménagements, mais pas leur réalisation. Quid des Pays-Bas ? Seule l’Amsterdam Arena répond déjà aux normes de la Fifa. mais les travaux à envisager sont nettement moins importants que chez nous, le tournant de l’Euro 2000 ayant été nettement mieux négocié… Aujourd’hui, quatorze villes sont engagées dans notre candidature commune au lieu des douze demandées. Serait-ce histoire de se ménager une marge de manœ uvre pour écarter l’un ou l’autre mauvais élève ?

© La Libre Belgique 2010