Entretien

La plus grande crainte des clubs de D1 au moment d’acter la réforme s’est produite ce week-end : l’hiver a perturbé la tenue des matchs autant par l’état des terrains que par l’accessibilité aux stades. Trois matches ont été remis pour le moment mais la liste risque de s’allonger dans les prochains jours. Si Gand a poursuivi sa marche avant en arrachant la victoire à Lokeren in extremis, Ivan De Witte, le président de la Ligue Pro et de La Gantoise, est inquiet : "Je reste partisan de la réforme mais l’hiver me fait peur."

Ivan De Witte, la Belgique est-elle vraiment prête pour le football hivernal ?

Aujourd’hui, nous avons six pelouses chauffées sur seize (NdlR : la saison passée, c’était quatre sur dix-huit) avec Anderlecht, Westerlo, Genk, le Germinal Beerschot, le Standard et La Gantoise. On a pris un risque ce qui est toujours le cas quand on essaie d’introduire une nouveauté. Mais si nous les évitons, il n’y a jamais de changements. Nous avons jugé que ce risque valait la peine d’être tenté. La saison prochaine, chaque club sera obligé, c’est inscrit dans les statuts, de disposer d’un système de chauffage et de drainage.

Cette décision entrait dans la négociation des droits TV.

Les télévisions étaient demanderesses d’une telle évolution car elles estiment que le football à cette période est très attirant pour les téléspectateurs. Deux matches seront d’ailleurs diffusés sur les chaînes publiques (NdlR : La Gantoise - Anderlecht le 27 décembre, et Courtrai - Club Bruges le 30 décembre passeront sur la RTBF). Nous avions tous envie de voir comment le football à Noël pouvait prendre dans notre pays.

À Charleroi notamment, qui ne veut pas faire les frais alors qu’un nouveau stade va être construit, on ne souhaite pas équiper le terrain d’une pelouse chauffée pour la saison prochaine. Y aura-t-il des dérogations ?

Nous devrons, tous, être raisonnables.

La pelouse de Gand est chauffée mais c’est à nouveau une catastrophe…

Oui (soupir). Et c’est 300 000 euros d’investissements. Au début de la saison, c’était parfait. Comme nous construisons aussi notre nouveau stade, nous n’avons pas effectué un investissement complet. Nous avons juste renouvelé quelques centimètres alors qu’il fallait sans doute tout changer jusqu’à un mètre de profondeur. Avec le recul, nous n’aurions pas dû abriter Belgique - Hongrie. Mais que voulez-vous, c’est la loi de Murphy qui énonce que si quelque chose peut mal tourner, alors cette chose finira infailliblement par mal tourner. Ce jour-là, la pluie s’est abattue comme jamais et le terrain n’a pas eu le temps de se remettre.