Le Croate Tomislav Ivic, à qui Bernard Tapie a confié lundi l’équipe de l’Olympique de Marseille pour assurer le maintien en D1, possède, à 67 ans, une expérience de trois décennies dans le football comme technicien et est un apôtre du jeu défensif.

Au début de la saison 1991-92, il avait entraîné l’OM pendant trois mois. Il avait payé, par son départ précoce et malgré ses bons résultats (l’OM était alors en tête du classement du Championnat de France), ses convictions très défensives, en décalage avec l’exigence de spectacle du public de la grande cité méridionale.

Caractère affirmé, matois, Ivic est souvent entré en conflit avec ses joueurs et avec le public. Celui du Standard de Liège, son dernier club en date, n’a par exemple pas cessé de réclamer sa démission.

Mais en mai dernier, les joueurs du Standard, l’autre club du président de l’OM Robert Louis-Dreyfus, avaient demandé son retour, après son remplacement effectué en début de saison, pour venir assurer l’entraînement jusqu’à la fin de l’année et la finale de la Coupe de Belgique.

Il est resté jusqu’en décembre dernier, date à laquelle il a laissé la place à Michel Preud’homme, après avoir été victime d’un malaise cardiaque en plein entraînement. Entraîneur «globe-trotter», le Croate a entraîné durant sa carrière les équipes d’Hajduk Split, alors l’un des meilleurs clubs yougoslaves, Ajax Amsterdam (D1 néerlandaise), Anderlecht (D1 belge), Galatasaray (D1 turque), Panathinaikos (D1 grecque), Dinamo Zagreb (D1 croate), Atletico Madrid (D1 espagnole), Benfica et FC Porto (D1 portugaise) et Ascoli (Italie).

En France, outre l’OM, il a présidé aux destinées du Paris-SG, a brièvement assisté Jean-Luc Ettori à l’AS Monaco. Tomislav Ivic a enfin entraîné les sélections nationales de la Croatie, des Emirats arabes unis et d’Iran. Nommé en janvier 1998, il avait été limogé de la sélection iranienne quelques jours à peine avant le Mondial en France, à l’issue d’une préparation catastrophique en Europe.

Ivic est à la fois un ami de Robert Louis-Dreyfus et de Bernard Tapie. Outre le français, il parle l’anglais, l’italien, l’espagnol et le portugais. (AFP)