Ariël Jacobs ne s'imaginait sans doute pas, lui-même, devenir entraîneur principal d'Anderlecht. Il affirmait ne pas en nourrir l'ambition même si, lorsqu'il choisit de quitter Mouscron pour le Sporting, il ne pouvait pas ignorer cette opportunité. Aujourd'hui, cet homme discret, taiseux mais qui a de la suite dans les idées, va occuper l'une des fonctions les plus exposées du football belge alors qu'il y a deux ans à peine il pensait avoir définitivement rangé son travail de terrain au placard. Aucun doute, le parcours du Diegemois (54 ans) est atypique.

Si sa carrière de joueur l'a maintenu à un niveau peu exposé (Diegem, Racing White, Hal, Diest), il a aussi longtemps travaillé dans l'ombre en tant qu'entraîneur. Pendant quinze ans, il a oeuvré au bien-être des jeunes à la Fédération (juniors, espoirs, responsable technique) avant d'être promu adjoint de Wilfried Van Moer, puis de Georges Leekens.

En 1998, il entre dans la corporation des entraîneurs de club, au RWDM en D2. Le manager, un certain Herman Van Holsbeeck, lui octroie sa chance alors que... Daniel Renders, son nouveau T2, est entraîneur de la réserve. Il sera licencié, au profit de Patrick Thairet, un mois avant que le club ne rejoigne la D1. La cause ? La peur de ne pas être promu, mais les résultats suivaient.

Une Coupe avec La Louvière

Six mois plus tard, Filippo Gaone l'attire à La Louvière en remplacement de Daniel Leclercq. En trois saisons, il y abattra un travail phénoménal, avec de faibles moyens. Il remporte la Coupe en 2003 (grâce à une tactique parfaite) et dirige les Loup s en Coupe d'Europe. Poussé vers la sortie par Gaone, qui ne sait pas de quoi l'avenir de la Raal est fait, il accepte un rôle de directeur technique à Genk qu'il quitte, au bout de deux ans, parce que le terrain lui manque. A Lokeren, il est licencié en octobre puis succède, en février, à Gil Vandenbrouck, à Mouscron, où il termine la saison en force.

"Ses connaissances sont immenses. Son intelligence est supérieure à la moyenne et il connaît indéniablement le foot", témoigne son ami Jean-François de Sart. Seul bémol, surtout à Anderlecht, Ariël Jacobs est réputé pour ne pas être le chantre du football offensif. Néanmoins, c'était toujours fait, jusqu'à présent, en bonne intelligence et faute d'autres moyens. Ici, il en dispose. Inutile, donc, de déjà le juger.