SCLESSIN Les traits émaciés de Karel Geraerts trahissaient une grosse fatigue. «Je n'ai pas bien dormi, se justifia-t-il après l'entraînement matinal de samedi. J'étais trop fatigué et je revoyais encore les images de ce match dans ma tête. Sans arrêt, je voyais la balle du troisième but anderlechtois passer au-dessus de ma tête. J'en ai même oublié les deux buts que j'avais inscrits.»

Ouvertement critiqué par la plupart de ses partenaires qui lui reprochent de s'être montré trop impulsif lorsqu'il commit une faute sur Wilhelmsson qui était, selon eux, tout à fait évitable à l'entrée du grand rectangle. «Y avait-il réellement faute, s'interroge le Limbourgeois. Je ne crois pas le toucher réellement. Ceci dit, je constate que toutes ces petites fautes étaient souvent sifflées en faveur des Anderlechtois. Mon geste n'est pas la conséquence de l'enthousiasme de mes deux buts. Si je n'interviens pas, Wilhelmsson pouvait aussi passer et marquer ce but. Et puis, des coups francs comme cela, il y en a bien eu 5 qui n'ont rien donné pendant le match.»

Le Standard n'a, en tout cas, pas été en mesure de reproduire l'excellente prestation qu'il avait fournie à Bruges 15 jours auparavant et qui lui avait d'ailleurs rapporté une unité. «Nous étions peut-être plus déterminés au Jan Breydelstadion, commente Karel Geraerts. Il faut aussi avouer qu'au Parc Astrid, nous avions affaire à onze joueurs beaucoup plus complets...»

Quoi qu'il en soit, les deux buts inscrits par le Limbourgeois n'au- ront finalement rien rapporté à son équipe. «Je pense que la seule fois où j'ai inscrit deux buts au cours d'un même match, c'est avec le Club Brugeois à l'occasion d'une joute en Coupe de Belgique face à une D 3, se souvient Karel Geraerts. Au Sporting d'Anderlecht vendredi soir, Sergio (Ndlr: Conceiço) joue admirablement bien le coup sur le premier but. Tristan Peersman s'est arrêté quelques secondes tandis que je poursuivais ma course. C'est ce qui m'a permis de le devancer. Pour le deuxième but, je suis à la limite du hors-jeu mais je finis l'action. Quelques secondes après mon but, j'ai vu le quatriè- me arbitre ajouter trois minutes de jeu...»

«Un nouveau championnat»

Karel Geraerts et les Standardmen étaient loin de se douter de ce qui allait se produire ensuite... «J'admets que nous aurions dû être plus intelligents en fin de match, poursuit le médian du Standard. De toute manière, on ne rejouera pas ce match. Maintenant, c'est un nouveau championnat qui débute. Nous avons un jour et demi pour dissiper le doute qui germe dans nos esprits depuis vendredi.»

Les Rouches ne peuvent plus tergiverser puisqu'ils affronteront successivement Saint-Trond, Beveren, La Gantoise et Ostende. «Nous n'avons, effectivement, plus le droit à l'erreur si nous souhaitons préserver notre troisième place au classement général jusqu'à la fin de la compétition.»

© Les Sports 2005