ANDERLECHT Pour une fois, ce n'était pas son pote Kompany mais lui-même qui était la vedette de la soirée. Anthony Vanden Borre avait joué à sa place préférée au centre du terrain, il avait brillé, marqué un beau but et... il avait quitté le terrain après une heure en boitant, apparemment blessé à la même place qu'il y a une semaine.

Selon des mauvaises langues, il n'était pas question d'une rechute. Elles prétendaient que la blessure d'Anthony était diplomatique, tout comme celles de De Man et de Proto, tous les trois sélectionnés par Jean-François de Sart pour les matches des Espoirs face à l'Ukraine.

«Il ne s'agit pas d'une blessure diplomatique», disait le docteur Huylebroeck à haute voix, afin que tout le monde soit convaincu qu'il s'agissait d'un hasard. «Anthony a ressenti une sorte d'électricité en sautant. Il s'agit d'une blessure considérable aux ischios.»

«Franchement, j'ai ressenti

une douleur aux ischios»

Vanden Borre confirma les paroles de son médecin.

«Je crains que je ne doive louper quelques matches, disait l'Anderlechtois. Franchement, j'ai ressenti une douleur. J'ai préféré arrêter directement. Comment j'ai fait mon coup? En faisant une talonnade, suivie par un petit sprint. Donc, les talonnades, ce n'est pas pour moi. Je vais les laisser faire à Chippen» (NdlR: Wilhelmsson).

La question que tout le monde se pose: est-ce que Vanden Borre a envie d'aller disputer deux matches avec les Espoirs, alors que son programme anderlechtois est chargé?

«Bonne question, lâchait Anthony, un peu gêné. Je ne sais pas être partout, hein. Donc il faut faire un choix. De toute façon, la question ne se pose pas: les matches en équipe nationale viendront quand même trop tôt. Je vais en parler à Jean-François de Sart. Je pourrai encore jouer des matches en équipe Espoirs par après. Si Anderlecht m'a poussé à refuser? Non. Le club m'a laissé le libre choix, tout en m'expliquant le pour et le contre d'une sélection.»

On aurait presque oublié que Vanden Borre avait marqué un superbe but, après une combinaison avec Wilhelmsson. L'angle de tir était quasi impossible. «Je me suis trouvé dans plus ou moins la même position qu'il y a un petit temps, lorsque Jestrovic m'a offert mon premier but en D 1. On m'a souvent critiqué parce que je tente des frappes de je ne sais pas où, même à l'entraînement. Eh bien voilà, cette fois-ci, mon tir a fait mouche! Mais je ne me le rappelle plus trop bien. Je veux le revoir le plus vite possible à la télévision.»

Vercauteren avait gardé Yves Vanderhaeghe sur le banc: «Je dois en profiter d'avoir joué au milieu, parce que cela ne m'arrive pas tous les jours. Oui, je préfère cette position-là. On doit moins penser à défendre, et cela donne moins de pression. Ce que Vercauteren m'a dit? De défendre, d'attaquer mais surtout de ne pas trop courir avec le ballon et de ne pas le perdre.»

© Les Sports 2005