Encore une preuve de sa correction. Hier, entre deux entraînements à Gand, Frédéric Herpoel avait convié la presse pour expliquer son refus de rejoindre l'équipe nationale. «Je n'ai pas répondu aux questions vendredi car je voulais me concentrer sur mon match avec La Gantoise mais je respecte aussi votre boulot: n'hésitez pas à poser vos questions», débute le gardien «buffalo».

La première: pourquoi ce refus?

«J'ai lu, la veille de Belgique-Grèce, qu'Anthuenis avait dit qu'il aurait un problème si Proto continuait à ne pas jouer à Anderlecht: un joueur doit se sentir visé. Un coach peut avoir un avis sur un joueur mais il ne peut pas dire cela ouvertement. C'est un manque de respect. Il y avait eu d'autres histoires avant mais je passais au-dessus. C'était la goutte de trop.»

«Rien à faire dans le noyau»

Frédéric Herpoel, lui, est toujours resté correct: «Depuis tout petit, on m'a appris à contacter l'entraîneur en cas de problème. Après le match contre la Grèce, j'ai appelé l'entraîneur national. J'ai aussi discuté avec Jacky Munaron. Je leur ai dit que, vu les circonstances actuelles, je ne voulais plus être repris. J'ai confirmé ma décision jeudi. Le coach m'a dit qu'il me sélectionnerait quand même. J'ai été surpris... Je ne comprends pas pourquoi. S'il n'a pas confiance en moi, je n'ai rien à faire dans le noyau.»

Le gardien de 31 ans a, dès lors, été obligé de décliner l'invitation... et de rendre l'affaire publique.

«Je ne suis pas quelqu'un qui cherche à être dans les journaux, au contraire, réagit-il. On pensait peut-être qu'Herpoel est un peu con, qu'il ne dirait rien. J'ai aussi du respect envers moi-même. Je ne me laisse pas marcher sur les pieds. Malgré d'autres choses qui m'ont choqué, je me suis toujours conduit en professionnel. Je n'ai rien à me reprocher, je peux regarder tout le monde dans le blanc des yeux. Je suis correct et franc, c'est aussi ma fierté. Car dans le foot, c'est devenu rare.»

Pas définitif

Frédéric Herpoel insiste: «Je ne revendique rien en équipe nationale, sauf le respect. Proto a été superbe contre la Serbie et la Grèce. C'est normal qu'il joue en Bosnie. Silvio sait ce que je pense. Je l'encourage chaque fois avant le match et je le félicite après. J'estime seulement que, quand un entraîneur sélectionne 20 joueurs, il doit leur faire confiance.»

Le ressort est cassé: «Je ne serai plus Diable tant qu'Aimé Anthuenis sera entraîneur. Je reste belge, je souhaite la qualification pour le Mondial. Mais même s'il fait son mea culpa, je ne reviendrai pas. Cela fait mal, car c'est toujours un honneur de jouer pour ton pays, mais j'assume ma décision. Ce retrait n'est cependant pas définitif. Pour la Fédération, je suis peut-être grillé même avec un autre coach. Ce serait dommage car je ne suis pas le premier à me retirer temporairement de l'équipe nationale.»

© Les Sports 2005