KUMAMOTO t Johan Walem, c'est peu dire que vous attendez ce jour depuis longtemps. Demain, vous allez découvrir la Coupe du Monde!

`C'est vrai que je veux savourer chaque instant d'une expérience derrière laquelle je cours depuis longtemps. En 1994, j'avais joué ma meilleure saison à Anderlecht, j'avais disputé les matches de préparation, puis Van Himst m'avait laissé à la maison. En 1998, j'ai été victime du retour en grâce d'Enzo Scifo. Et à l' Euro 2000, je suis resté sur le banc, sacrifié sur l'autel d'un 4-4-2 dans lequel je n'étais pas le premier choix. Je crois qu'à ma place, beaucoup auraient arrêté les frais et renoncé aux Diables. Mais je suis un têtu, et me voilà récompensé aujourd'hui.´

Quel est votre état d'esprit la veille du grand jour?

`J'avoue que je suis un peu impatient que le match débute. Je ne me suis jamais senti aussi bien en équipe nationale. Pour la première fois depuis longtemps, j'ai l'impression d'être important. Qu'on ne s'y méprenne pas, je ne me prends pas la tête le moins du monde mais je sens que le coach me fait confiance, qu'il compte sur moi et que mes équipiers savent que je peux apporter beaucoup à cette équipe. Les positions sur le terrain sont claires, mon rôle aussi. On m'utilise pour mes qualités, un peu comme ce fut le cas à Udinese.´

On parle beaucoup des phases arrêtées pour évoquer le match contre le Japon. Vous aurez à ce niveau un rôle déterminant, puisque vous tirez coups francs et corners.

`Je serais tenté de dire que je suis payé pour cela... Je me sens un peu comme à mes débuts à Udine, quand j'ai délivré dix-sept assists vers Bierhoff, quand il a terminé meilleur buteur. Si je pouvais connaître la même réussite, ce serait exceptionnel.´

Vous allez peut-être enfin vivre une histoire d'amour en équipe nationale. Considérez-vous cette Coupe du Monde comme l'apogée de votre carrière ou comme le début d'une nouvelle aventure?

`Pour moi, c'est l'apothéose. J'ai fait beaucoup de sacrifices pour connaître les joies d'une Coupe du Monde et aujourd'hui, je veux terminer en beauté en équipe nationale. J'aurais atteint les trente-cinq sélections, j'espère réussir un beau Mondial. Après, j'arrête. Je veux me consacrer entièrement à mon club et à ma famille.´

Serez-vous toujours au Standard à la reprise?

`Évidemment. Le club a un gros potentiel et on l'a prouvé... pendant six mois. Cette fois, j'espère que Robert Waseige, qui rentre un peu à la maison en signant à Sclessin, va nous apporter la stabilité qui nous manque. Si c'est le cas, on fera une grande saison.´

Pour vous, la Coupe du Monde devient finalement l'ultime occasion de prendre une revanche sur vos détracteurs car vous avez souvent été mis sur la sellette.

`Pour moi, être ici, c'est déjà une revanche. En Belgique, cela fait douze ans qu'on remet en doute mes qualités! Je ne plais pas ou mon jeu ne plaît pas, je ne sais pas vraiment. En plus, je ne sais pas me vendre. Je me suis longtemps posé des questions mais ce n'est plus le cas. Aujourd'hui, je n'ai plus de pression inutile sur les épaules.´

Que vous inspire le Japon?

`C'est une équipe enthousiaste, qui va être survoltée devant un public acquis à sa cause et pour un match qu'elle prépare... depuis quatre ans. Nous devrons laisser passer l'orage avant de poser notre jeu. Le premier match n'est pas décisif mais il est important pour situer notre niveau.´

© Les Sports 2002