Il est prêt à nous achever, Nenad Jestrovic. Hier, Yves Vanderhaeghe a pu sortir une dernière blague en essayant d'enlever le short de son coéquipier anderlechtois, mais aujourd'hui, il ne rigolera plus. «J'aime la Belgique, c'est une 2e patrie pour moi, lance Jestrovic à la veille de son match de l'année. Tout le monde a toujours été correct vis-à-vis de moi. Surtout Aimé Anthuenis, qui a été me chercher à Mouscron et qui a continué à croire en moi, malgré ma fracture à la jambe. Hélas pour lui, je ne pourrai avoir pitié de lui ce samedi. Mais si je marque, je vais le remercier pour tout ce qu'il a fait pour moi.»

Le domicile serbe de Jestrovic est à quelques centaines de mètres du stade où se déroulera le match. «Je sais voir Maracana de ma terrasse, explique Nenad. Vous n'allez pas croire vos yeux quand vous allez voir cette ambiance. Les Espagnols avaient peur. J'adore mon pays. Après ma carrière, je reviens certainement vivre ici. Je dois beaucoup au coach, Petkovic. C'est lui qui, comme coach d'OFK Belgrade, m'a trouvé en D 3.»

Petkovic a pu se servir de Jestrovic, ces derniers jours. «C'est vrai, tout le monde m'a demandé quelles étaient les qualités et les défauts de la Belgique. Comme points forts, j'ai parlé d'Emile Mpenza, de Mbo et de Vincent Kompany. Comme points faibles, je n'ai rien dit, par respect pour la Belgique. Savez-vous que j'ai gagné 600€ en pronostiquant que la Belgique allait battre la Bosnie par trois buts de différence?»

Jestrovic n'était pas au courant du fait que Vandereycken et Vandenbergh avaient dit que Kevin et non Nenad était le meilleur buteur de Belgique. «Vandenbergh se plaint que j'ai marqué des penalties, mais il oublie que je n'ai joué que 20 matches. Je ne me plains pas qu'il ait marqué des buts quand je n'ai pas joué...»

Avant de retrouver ses partenaires, Nenad avait encore une bonne nouvelle pour Anderlecht. «Je ne cherche plus de club. Si un club me veut vraiment, ils n'ont qu'à téléphoner. Mais je ne leur donne plus qu'une dizaine de jours. Je ne me suis jamais senti si bien qu'à Anderlecht. Avant, j'aurais opté pour l'argent. Maintenant, le sportif est plus important.»

© Les Sports 2005