Jos Vaessen a pris la décision de démissionner de son poste de président de Genk, a fait savoir le responsable limbourgeois, hier midi. «Je ne peux pas fonctionner sans un minimum de respect pour les normes et les valeurs», a-t-il expliqué.

Le dossier du joueur de Genk Steven Defour, qui désire rompre son contrat suivant la loi de 1978, a été la goutte d'eau ayant fait déborder le vase.

«Le football est le plus beau sport qui soit mais son monde est peut-être le moins beau de tous. Je ne peux et ne veux pas rester plus longtemps actif dans ce monde pourri. Par conséquent, je démissionne avec effet immédiat de mes fonctions de président du KRC Genk et de mes autres responsabilités dans le football. Durant les dix années où j'ai oeuvré à Genk, très peu de choses, ou peut-être même aucune, n'ont évolué dans le monde du football. J'espère et pense que cela ne vaut pas que pour notre club de Genk et que nous sommes allés de l'avant mais c'est aux autres d'en juger.»

Jos Vaessen, qui avait succédé en 2001 à Edgar Troonbeeckx comme homme fort du club limbourgeois, a écrit sa lettre de départ avec énormément de regrets: «Cela me fait très mal de quitter la merveilleuse famille du KRC, avec ses supporters fantastiques, son équipe de dirigeants toujours très motivés et ses merveilleux responsables de jeunes. Mais le dossier de Steven Defour a été déterminant. Ni le KRC ni moi-même n'avons quelque chose à nous reprocher dans cette affaire mais certaines puissances occultes sans valeurs et sans normes, ont eu raison de nous.»

Le dirigeant d'entreprise était irrité ces derniers temps, pas seulement au niveau de son club mais aussi à la suite d'importants conflits au sein des plus hautes sphères du football belge.

Un adieu amer

«A la Fédération et à la Ligue pro, je suis trop souvent isolé dans des dossiers que j'estime importants pour le football et le sport en général. Je refuse de me joindre à la masse en me taisant. Don Quichotte descend de son cheval et s'occupera dorénavant d'une autre communauté, une communauté avec plus de normes et de valeurs», a encore ajouté Vaessen, sans toutefois préciser de quelle communauté il s'agissait.

Il conclut enfin son message par un salut -ironique? - au président d'Anderlecht Roger Vanden Stock et à Jean-Marie Philips, président de la Ligue pro de football avec qui il s'était violemment disputé la semaine dernière: «Bon vent Roger Vanden Stock, bon vent Jean-Marie Philips. Longue vie au football».

Le conseil d'administration du club a été surpris par la décision de son président et a tenu une réunion d'urgence afin de convaincre Jos Vaessen de revenir sur sa décision.

© Les Sports 2006